La Bugatti Veyron Super Sport, en coupé ou en cabriolet, est la voiture de route la plus démesurée du monde (copyright archives AgrippA-mediA /// Bugatti Media)

La Bugatti Veyron Super Sport, en coupé ou en cabriolet, est la voiture de route la plus démesurée du monde
(copyright archives AgrippA-mediA /// Bugatti Media)


Rouler au-delà de 400 km/h, la voiture sait le faire. Reste l'inhibition du pilote... (copyright archives AgrippA-mediA /// Bugatti Media)

Rouler au-delà de 400 km/h, la voiture sait le faire. Reste l'inhibition du pilote...
(copyright archives AgrippA-mediA /// Bugatti Media)


Bientôt arrive la remplaçante de la Veyron. Une seule certitude : elle sera équipée d'un 16 cylindres (copyright archives AgrippA-mediA /// Bugatti Media)

Bientôt arrive la remplaçante de la Veyron. Une seule certitude : elle sera équipée d'un 16 cylindres
(copyright archives AgrippA-mediA /// Bugatti Media)


BUGATTI VEYRON SUPER SPORT :
AU VOLANT D’UN RECORD DU MONDE

EXPÉRIENCE MÉMORABLE : ALORS QUE LES DERNIERS EXEMPLAIRES SORTENT DE PRODUCTION, NOUS NOUS SOMMES GLISSÉS DANS LE BAQUET D'UNE BUGATTI VEYRON SUPER SPORT. PLUS DE 400 KM/H SOUS LE PIED DROIT (POTENTIELLEMENT...), ÇA VOUS DIT QUELQUE CHOSE ? SI LES CHIFFRES DES DOSSIERS DE PRESSE SONT TOUJOURS UN PEU ABSTRAITS, AU VOLANT, ILS PRENNENT TOUTE LEUR DIMENSION. EN VOITURE A BORD DE LA VOITURE DE ROUTE LA PLUS RAPIDE DU MONDE.

Elle fait le bruit d’un avion au décollage, mais c’est bien d’une automobile qu’il s’agit. Pied au plancher, l’aiguille de puissance se cale sur un chiffre fantasmagorique : 1 200. Pour un motard, ce serait de beaux centimètres-cubes. Sous ce capot, c’est le nombre de chevaux…  Bienvenue à bord d’un des derniers exemplaires de la gamme Veyron. Baptisée Super Sport, cette Bugatti mérite bien son appellation. Oubliez l’image traditionnelle de “la-voiture-qui-fond-sur-les-voitures-transformées-en-chicanes-mobiles”. Avec elle, c’est éculé. Elle, les voitures, elle les aspire, elle les gobe comme un prédateur affamé. Le compteur digital passe le cap de la série des 200 km/h en moins de temps qu’il ne faut pour claquer des doigts.

Nous ne sommes pas en France, évidemment, mais les lois de la physiques sont les mêmes que dans l’Hexagone. Donc, l’oeil a du mal à retrouver ses repères.

La poussée ne faiblit pas, même passée la barre des 300 km/h. Pour atteindre cette vitesse, depuis l’arrêt, 14,6 secondes suffisent. On est scotché dans le baquet drapé de cuir. Le paysage défile, indistinct. Ce toutes façons, on n’ose plus regarder autre chose que le ruban d’asphalte. Pourtant, si l’on fait abstraction du bruit, la stabilité de la Bugatti Veyron Super Sport est impressionnante. On se croirait presque confortablement installé dans une rame de TGV. Non, je ne rêve pas : le compteur indique déjà 304 km/h. La démonstration s’arrêtera là, ce qui constitue déjà une prouesse sur la courte ligne droite d’une route de campagne espagnole fermée à la circulation. Mais, la Super Sport est capable de beaucoup mieux. Elle l’a prouvé.

Véritable folie, ce modèle est une réponse aux demandes de la clientèle. « Pas assez puissante mon cher », claironnaient quelques clients de la Bugatti Veyron. Comme au temps héroïque d’Ettore Bugatti, la maison alsacienne, rachetée puis ressuscitée par le groupe Volkswagen en 1998, a accédé aux caprices de ces milliardaires avides de sensations fortes. De 1 001 ch, ce qui était déjà un peu fou, les ingénieurs ont joué sur les quatre turbocompresseurs pour gagner 199 ch sur 16 cylindres en W. Démentiel. On quitte définitivement la planète terre. Pour faire passer pareille cavalerie sur les quatre roues motrices, de nombreuses modifications ont été apportées.

Entièrement nouvelle, la coque en carbone pèse 50 kilos de moins tout en gagnant de 10 % en rigidité. Onze kilos ont aussi été gagnés sur les jantes en aluminium. Le défi principal étant de plaquer la voiture au sol, l’aérodynamique a été sensiblement revue pour se plier aux exigences de vitesses extrêmes. Ainsi, le pavillon est prolongé, recouvrant désormais le moteur placé en position centrale arrière. Comme sur une voiture de course, il accueille deux prises d’air NACA assurant le refroidissement des organes mécaniques. Arborant un design plus agressif et une multitude d’ouvertures, la face avant participe au refroidissement des freins et à la finesse aérodynamique. A l’arrière, l’évolution se situe dans un double diffuseur. Pour encaisser le couple titanesque de 1 500 Nm, la boîte à double embrayage à 7 rapports voit son étagement modifiée et son refroidissement redimensionné.

Le châssis n’est pas en reste, adoptant des réglages raffermis. « Avant, le comportement d’une Veyron se situait entre celui d’une Bentley et d’une Porsche. Avec la Super Sport, nous avons déplacé le curseur de 10 % vers Porsche », avoue le Français Pierre-Henri Raphanel, l’essayeur maison, ancien pilote de F1. Vérification : le confort est préservé et malgré son poids respectable de près de 2 tonnes, la bête paraît moins paresseuse qu’avant. La direction plus légère et plus réactive contribue à cette sensation.

Par rapport aux deux autres modèles de la Veyron que j’ai eu le privilège d’essayer, la Super Sport se montre plus brutale et plus pointue, le couple maxi se situant dans une plage de régimes plus étroits, entre 3 000 et 5 000 tr/mn. A chaque accélération en mode automatique, c’est le même refrain. La boîte rétrograde plusieurs rapports et vous vous retrouvez comme expulsé d’une catapulte dans le virage suivant dans une sonorité rauque. Tous les supercars du marché sont relégués loin derrière la Bugatti. Si d’aventure, vous tentez un démarrage type F1 au feu, assurez-vous que l’asphalte soit de la meilleure veine sinon, faute d’adhérence, l’ESP stoppera net vos ardeurs. Mais, domptez ce monstre n’a rien d’une partie de rodéo. A condition d’apprivoiser les accélérations dantesques, la Super Sport se montre même relativement facile à conduire. La fascination qu’inspire cet engin hors norme provient de la réserve de puissance illimitée. Ça ne s’arrête jamais de pousser ! Finalement, le conducteur met un genou à terre avant d’avoir exploré tout le potentiel. Le pilote, lui, chatouille éventuellement la limite, mais il doit y mettre tout son métier.

C’est à Molsheim, berceau des Bugatti d’antan, qu’une poignée d’artisans donne naissance à ce chef d’œuvre de raffinement. Le soin apporté à chaque détail intérieur est un hymne à la haute horlogerie. Cette obsession de la perfection a un prix qui, lui aussi, défile le sens commun : un peu plus de 2 millions d’euros, hors options. Celles-ci n’ont de frein que l’imagination des acquéreurs. Outre une multitude de finitions et d’harmonies de cuir, un pack à 100 000 euros comprend un an de garantie supplémentaire (3 ans) et un jeu de roues complet. Nullement effrayés de devoir débourser le prix d’un appartement de standing parisien, les amateurs ont répondu présent. Et les doigts se sont levés si nombreux qu’il n’en reste presque plus.

POUR EN SAVOIR PLUS :

.La présentation de la série “Légendes de Bugatti”

 

EN VEDETTE…

RECORD DU MONDE !

Pierre-Henri Raphanel le 4 juillet 2010 quelques secondes avant de s'élancer pour sa tentative (réussie) contre le record du monde de vitesse<br />(copyright archives AgrippA-mediA /// Bugatti Media)

La puissance et le tarif démesurés ne suffisant pas, les ingénieurs s’étaient mis en tête à l’été 2010 d’épingler le record du monde de vitesse à leur tableau de chasse. Logiquement, Pierre-Henri Raphanel s’était chargé du challenge sur la piste d’essais d’Ehra-Lessien en Basse-Saxe, propriété du groupe Volkswagen. L’opération avait beau avoir été préparée dans les règles de l’art, Pierre-Henri avait alors eu un peu le trac…

« Rouler à plus de 400 km/h est un exercice à hauts risques. A une telle vitesse, on parcourt 120 mètres à la seconde. S’il se passe la moindre chose, il y a de fortes chances que l’on ne revienne pas au stand pour l’expliquer. Cette donnée rajoute du stress…  Jusqu’à 425 km/h, la Veyron s’est montrée très stable, solide. Au-delà, je savais que j’entrais dans une zone où personne ne s’était encore aventuré. Chaque kilomètre/heure est alors devenu une nouvelle expérience ». Malgré les 1 200 ch, cinq kilomètres ont été nécessaires pour passer de 400 à 434 km/h, vitesse prodigieuse que Pierre-Henri finira par accrocher pendant cinq secondes. « A cette allure, on évolue sur un fil… » .

Finalement, le TÜV, l’organisme allemand de certification et de contrôle, retiendra la vitesse de 431,072 km/h, soit la moyenne des passages effectués dans les deux sens. Record du monde ! Une prouesse technologique. La probabilité que cette performance, établie par une voiture de route, soit battue, reste mince.

D’une part, la Veyron Super Sport marque l’apogée d’une espèce que l’on n’imagine guère voir perdurer et, d’autre part, pour des raisons purement techniques, atteindre ce niveau de vitesse relève véritablement de l’exploit. Pierre-Henri n’est pas prêt de renouveler l’exercice. Il faut bien l’avouer : les contraintes pesant sur les pneumatiques étaient le sujet d’inquiétude du pilote. Michelin, le seul manufacturier homologué pour la Veyron, avait pourtant essayé de tout envisager, en testant préalablement sur un banc les gommes retravaillées pour la Super Sport. Justement, suivant le protocole d’essai – six cycles de 20 secondes à 435 km entrecoupés d’une minute à 400 km/h – les pneumatiques éclatent au bout de quatre minutes trente ! Pour cette raison, la vitesse de pointe du modèle destiné à la clientèle est bridée à 415 km/h. Approcher cette vitesse s’avère de toute façon chimérique. L’exaltation que provoque la conduite de ce pur-sang provient du fait que la voiture peut le faire. Oui, la voiture le peut. Mais l’homme…

Par ses caractéristiques qui confinent à la démesure, la Veyron Super Sport constitue une sorte d’aboutissement. Alors qu’il reste encore quelques mois de production à assurer, notamment avec la série des “Légendes de Bugatti”, la marque planche ardemment sur l’après Veyron sans qu’aucune information ne filtre. Une seule certitude, confirmée par Ferdinand Piëch, l’emblématique patron du groupe VW : elle aura un moteur de 16 cylindres.

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