Si la théorie des enquêteurs allemands est exacte, cette Iso Grifo est un faux grossier qui a cependant trompé les experts de l’une des plus grandes maisons de ventes aux enchères du monde… (copyright archives AgrippA-mediA /// archives Coys of Kensington)

Si la théorie des enquêteurs allemands est exacte, cette Iso Grifo est un faux grossier qui a cependant trompé les experts de l’une des plus grandes maisons de ventes aux enchères du monde…
(copyright archives AgrippA-mediA /// archives Coys of Kensington)

UNE BIEN MYSTÉRIEUSE ISO GRIFO

LA MARQUE ISO, DISPARUE EN 1974, SEMBLE ÊTRE L’OBJET DE BIEN CURIEUSES MANIPULATIONS DE LA PART D’AMATEURS PEU SCRUPULEUX…

L’histoire débute le 29 mars dernier en Allemagne. Lors du Techno Classica d’Essen, gigantesque salon dédié à la voiture de collection où tous les collectionneurs de la planète se croisent une fois l’an, la maison de ventes aux enchères britannique Coys met en vente une belle Iso Grifo. C’est une version Lusso (luxe), bleue, intérieur cuir fauve, datée de 1966, et réputée être strictement dans son état d’origine y compris en ce qui concerne son V8 Chevrolet –ce qui est plus rare qu’on ne le pourrait le croire.

Cette description doublée, en effet, du bel état de présentation de la voiture, conduit plusieurs enchérisseurs à s’intéresser à l’auto, adjugée 245 000 euros. Somme très élevée pour le modèle, mais justifiée pour une voiture « en excellent état d’origine ». Ce qui est rare est cher.

Tout serait allé pour le mieux dans le meilleur des mondes des enchères si quelques amateurs un peu plus regardants que les autres n’avaient, dans les jours suivants, relevé quelques incohérences rendant la mariée moins belle que prévue…

Leurs nombreux échanges sur les forums de collectionneurs et d’historiens de la marque, enrichis au fil des interventions, exposaient avec moult précisions une situation bien embarrassante pour l’honorable « auctioneer » britannique (Coys a été fondé en 1919). Et les amateurs américains et européens de s’étonner, pas toujours poliment, du curieux numéro de châssis de la voiture (B740001, correspondant en fait à une Iso S4 Fidia), de son numéro moteur incohérent avec le modèle (fabriqué en 1974 selon les registres de Chevrolet), de la position inhabituelle de la plaque d’identification, des rivets un peu trop neufs qui la maintenaient là où elle aurait dû être soudée…

Coys, dont la bonne foi ne peut être mise en doute, a tenté de se justifier. Parlant dans un premier temps de prototype –explication peu probable en 1966 pour un modèle lancé en 1963 (d’autant qu’un prototype existe, bien connu, dans la collection américaine Blackhawk, avec des spécifications et un numéro de châssis très différents : 420001) ; autre explication avancée : celle d’une marque à l’histoire compliquée –ce qui est vrai- puis, ce qui l’est également, de la difficulté d’y voir clair dans des registres de fabrications.

Au final, la vente a été annulée. Et l’auto garde son mystère. Le propriétaire s’est bien gardé de se faire connaître et Coys a fort élégamment tenu son nom secret.

Alors, vraie voiture à l’histoire compliquée ou première « fausse Iso » ? Impossible pour le moment de se prononcer. Mais il est clair que Ferrari, Maserati, Lamborghini, ou encore Aston Martin ayant décidé de mettre bon ordre dans leurs productions passées avec les systèmes de certification historique des voiture de collection, certains sont peut-être désormais tentés de se rabattre vers des marques moins contrôlées –surtout quand elle ont disparu (ISO s’est éteint en 1974)…

A quelque chose malheur est bon : être copié est le signe de la célébrité. Amis collectionneurs, attention…

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