La Ferrari 250 GTO de Fabrizio Violati est devenue la voiture ayant atteint l’enchère la plus élevée dans une vente publique : 28,52 millions d’euros (tous frais compris). (copyright archives AgrippA-mediA / archives Bonhams)

La Ferrari 250 GTO de Fabrizio Violati est devenue la voiture ayant atteint l’enchère la plus élevée dans une vente publique : 28,52 millions d’euros (tous frais compris).
(copyright archives AgrippA-mediA / archives Bonhams)


Beaucoup de GTO au départ sur le circuit de Spa en 1962. Aujourd’hui l’une des voitures les plus convoitées du monde. Mais le marché n’a pas la capacité à absorber plus de deux transactions par an. (copyright archives AgrippA-mediA / Fonds Montén)

Beaucoup de GTO au départ sur le circuit de Spa en 1962. Aujourd’hui l’une des voitures les plus convoitées du monde. Mais le marché n’a pas la capacité à absorber plus de deux transactions par an.
(copyright archives AgrippA-mediA / Fonds Montén)


FERRARI 250 GTO :
RECORD D’ENCHÈRES EN QUESTION

C’EST UN RECORD DU MONDE : CELUI DU PRIX LE PLUS ÉLEVÉ ATTEINT PAR UNE AUTOMOBILE DANS UNE VENTE AUX ENCHÈRES. ET C’EST ÉVIDEMMENT UNE FERRARI QUI L’A DÉCROCHÉ : LA FERRARI 250 GTO 1962 DE LA COLLECTION VIOLATI, PAYÉE 28,5 MILLIONS D’EUROS PAR SON NOUVEAU PROPRIÉTAIRE. C’EST BEAUCOUP D’ARGENT, MAIS MOINS QU’ATTENDU. EXPLICATIONS.

Trois voitures sont capables aujourd’hui d’obtenir en ventes publiques des enchères supérieures à 25 millions d’euros : deux Ferrari, la 250 GTO et la P4, et une Bugatti, l’Atlantic -qui y irait même sans doute bien au-delà tant cette auto déclenche de passions irrationnelles.

L’inscription d’une Ferrari 250 GTO au catalogue de l’une des plus prestigieuses ventes de l’année, organisée par Bonhams lors de la semaine de Pebble Beach (le plus célèbres rendez-vous « classiques » du monde), était donc porteuse de belles promesses.

La promesse fut tenue : 34,65 millions de dollars au marteau, soit 38,115 millions de dollars avec les frais. En euros, l’addition paraît (presque…) plus douce : 25,92 millions d’euros sous le marteau, 28,52 millions d’euros avec les frais*. Beaucoup d’argent pour un objet produit à 39 exemplaires, surtout quand l’exemplaire en question a tué son pilote (le champion français Henri Oreiller trouva la mort au volant de cette 250 GTO châssis n°3851GT lors des Coupes du Salon à Montlhéry le 7 octobre 1962). Beaucoup d’argent, malgré tout. Mais pas autant que prévu.

 

UN RECORD DÉCEVANT

 

De récentes transactions privées sur des 250 GTO ont en effet été conclues à des niveaux bien plus élevés (supérieurs à 50 millions de dollars, soit 37,5 millions d’euros). C’était il est vrai non pas des modèles 1962 mais des versions 1964, à carrosseries Pininfarina (plus rares parmi les 39 exemplaires de GTO construits, même si nettement moins beaux –mais tout est question de goût).

Nonobstant le funeste événement décrit plus haut (chez Ferrari une voiture ayant vécu pareille tragédie était souvent détruite, mais les clients privés, eux, faisaient ce qu’ils voulaient…), 3851GT fut reconstruite à l’usine et reprit du service en 1963 entre les mains de son nouveau propriétaire, le pilote italien Paolo Colombo. Celui-ci la céda en 1964 à Ernesto Prinoth, qui la vendit un an plus tard à Fabrizio Violati dont les héritiers avaient donc décidé de la vente qui eut lieu voici deux semaines. Pourquoi donc une voiture à l’historique aussi limpide et disposant d’un aussi beau palmarès, n’a-t-elle pas pulvérisé les records et atteint les 30 millions d’euros espérés par Bonhams ?

 

PLUSIEURS TENTATIVES D’EXPLICATIONS

 

Ferions-nous erreur en prétendant que certaines récentes transactions se sont conclues à des niveaux bien plus importants ? Peu probable : nous connaissons certains acheteurs de même que certains vendeurs et n’avons aucune raison de douter ce qu’ils disent.

3851GT ne serait pas une « bonne » 250 GTO ? Foutaise : aucune autre GTO n’était détenue depuis aussi longtemps par le même propriétaire –Fabrizio Violati- et dieu sait s’il prenait grand soin de sa voiture qu’il utilisa chaque fois que possible jusqu’à sa disparition. La voiture, certes reconstruite en 1963, l’avait été par l’usine Ferrari, et bien des GTO roulant actuellement sont moins originales que celle-ci –notamment du côté de leur bloc moteur.

La somme annoncée n’est pas celle qui a effectivement été payée par l’acheteur ? Bonhams, qui tient à sa réputation, ne se hasarderait pas à pareil acrobatie –exécutée par certaines maisons il y a quelques années.

 

TROP DE GTO EN VENTE

 

La réponse est ailleurs : il semble tout simplement que le marché n’a pas la capacité à absorber plus d’une, éventuellement deux,transactions de GTO par an.

Leurs acquéreurs sont à rechercher parmi les « hyper-collectionneurs » au pouvoir d’achat surdimensionné –presque sans limite. Ces poids lourds de l’automobile classique ne sont pas plus d’une cinquantaine de part le monde, et leur nombre n’augmente pas aussi vite que le nombre de ceux que les banquiers appellent les « hyper-riches », au grand désespoir des grands acteurs commerciaux du marché (maisons de vente, grand négociants internationaux, collectionneurs-marchands). De plus, les Ferrari ne sont pas forcément leur cœur de passion. Certains préfèrent les Bugatti ou les grandes carrosseries françaises d’avant guerre (Hispano, Delage, Delahaye, Voisin,…), d’autres les monoplaces de Grand Prix, ou encore –c’est le cas pour quelques très puissants collectionneurs américains- les voitures emblématiques de la production US.

Le prix de vente record de la 250 GTO Violati est donc, paradoxalement, un signal envoyé aux spéculateurs : la GTO est une voiture « de garde ». Achetez, c’est un bon investissement… mais gardez-la et soyez patient si vous souhaitez la revendre.

3851GT a donc été une bonne affaire pour son acheteur –semble-t-il Evert Louwman, propriétaire… de la maison Bonhams ! Monsieur Louwman aurait par ailleurs acquis les autres voitures de la collection Violati, toujours exposées au sein du Musée Maranello Rosso de San Marin, lors d’une transaction antérieure à la vente aux enchères…

POUR EN SAVOIR PLUS :

.Les résultats des ventes aux enchères d’août

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