Une 507 de la collection du Musée BMW en action. (copyright archives AgrippA mediA /// archives BMW)

Une 507 de la collection du Musée BMW en action.
(copyright archives AgrippA mediA /// archives BMW)


La BMW 507 est une voiture idéal pour les rallyes classiques. (copyright archives AgrippA mediA /// archives BMW)

La BMW 507 est une voiture idéal pour les rallyes classiques.
(copyright archives AgrippA mediA /// archives BMW)


La BMW 507 est présentée par les publicitaires allemands comme une voiture aux lignes sensuelles dessinée par des ingénieurs. La parfaite synthèse entre la grâce et la rigueur technologie ! What else ? (copyright archives AgrippA mediA /// archives BMW)

La BMW 507 est présentée par les publicitaires allemands comme une voiture aux lignes sensuelles dessinée par des ingénieurs. La parfaite synthèse entre la grâce et la rigueur technologie ! What else ?
(copyright archives AgrippA mediA /// archives BMW)


BMW 507
L’ALLEMANDE AU CHARME LATIN

Née pour conquérir les Etats Unis, la BMW 507 ne connu jamais le succès outre-Atlantique. Trop chère, éclipsée par la Mercedes 300 SL et ses triomphes en compétition, elle est pourtant aujourd’hui un joyau très recherché par les collectionneurs. Pour ses lignes racées et sensuelles autant que pour son comportement routier tout en souplesse.

Née en 1954 par la volonté de Max Hoffman, un Allemand émigré aux États-Unis et devenu outre-Atlantique LE négociant spécialiste en voitures de sport, la BMW 507 ne connut jamais le succès qu’elle méritait. Plus chère et moins prestigieuse que sa grande rivale la Mercedes 300 SL propulsée à la Une de tous les journaux en raison de ses succès en compétition, la BMW 507 entra en production en 1954 et disparu du catalogue en 1959. Dans l’intervalle, 252 exemplaires seulement avaient été construits –et bien vite oubliés au fond des garages.
Pied de nez à la logique marketing et industrielle d’antan, les collectionneurs rétablissent aujourd’hui ce que le marché d’hier avait défait : la BMW 507 est devenue l’un des modèles allemands les plus recherchés et sa cote ne cesse de grimper. La raison tient à ses deux qualités principales : qualité et rareté. Et au volant ? Rien que du plaisir !
Pourvu de son hard-top (42 exemplaires seulement en ont été équipés), capotée ou pleinement offerte au soleil, la BMW 507 séduit d’où qu’on l’admire. L’harmonie des proportions, le museau de squale, le capot plongeant, le profil élancé, les épaules subtilement marquées, forment un ensemble gracieux, qui laisse malgré tout deviner un caractère agile bien trempé. Paradoxalement, vu ses origines purement germaniques, la 507 dégage un charme typiquement… latin !
Bien campée sur des roues de 16 pouces affleurant ses flancs, cette merveille de carrosserie, dont les ouvrants sont en aluminium, procure une impression de légèreté davantage imputable au talent du designer qu’à la structure de la voiture. Contrairement aux apparences en effet, et malgré son format plus réduit, la 507 pèse aussi lourd que la 300 SL. Elle est en effet bâtie sur la plateforme en tôles caissonnées raccourcie de la berline 502, bien plus pesante que le treillis directement hérité des prototypes de course dont la Mercedes est dotée.
En revanche, la BMW compense en partie ce handicap grâce au montage d’un moteur tout en aluminium, à la différence de la Mercedes lourdement lestée par son l’archaïque bloc en fonte de son six cylindres en ligne. D’avant-guerre, celui-ci est à longue course, tandis que le BMW, aux dimensions super-carrées, est en principe plus apte aux hauts régimes. Autre avantage : il s’agit d’un V8 bien plus court et donc plus facile à loger pour optimiser l’équilibre du châssis.
Cependant, quoi que de conception plus moderne que celui de la 300 SL, le moteur de la BMW n’a pas été développé en vue d’en tirer un rendement élevé. Doté d’une peu ambitieuse distribution par culbuteurs, et malgré le montage de deux carburateurs double-corps, ce 3,2 litres ne fournit en effet que 150 ch à 5000 tr/mn., soir une modeste puissance spécifique de 45 ch/l seulement, plus voisine de celle des V8 américains ou des six cylindres anglais de l’époque que des 83 ch/l du 3 litres Mercedes à injection directe !
Dès lors, la BMW 507 ne pouvait espérer faire carrière en compétition. C’est dommage, car bien que tout à fait conventionnel, son châssis a été réalisé avec grand soin. En témoigne son essieu arrière rigide, mais guidé par un ensemble barres de poussée-barre Panhard bien étudié, et sa suspension par barres de torsion. De plus, BMW fit appel au concours du futur champion du monde de F1 John Surtees (alors déjà un grand pilote moto et auto) pour mettre au point un système de freins à disques assistés à l’avant (sur option) à la place des tambours Alfin d’origine.

 

AU VOLANT DE LA BMW 507 : LUXE, VOLUPTE ET EFFICACITE !

 

Si le démontage du hard-top est une opération compliquée, la manœuvre de la capote est, elle, très aisée. À bord, où l’on se glisse aisément grâce aux seuils de portes peu protubérants (tout l’inverse de la Mercedes 300 SL), l’ambiance est cossue. On s’immerge dans un océan de cuir qui tapisse non seulement les fauteuils, mais tout l’habitacle. Les contre-portes, superbement finies, sont pourvues de compartiments fermant à clef.
Le tableau de bord, en tôle peinte de la couleur de la carrosserie comme de coutume à l’époque, se réduit pour l’essentiel à deux grands cadrans multifonctions encadrant une pendulette. En dehors du compte-tours et du tachymètre, les autres instruments sont peu lisibles. La visibilité s’avère en revanche excellente, en particulier vers l’avant où le sommet des ailes, plus hautes que le capot, offre des repères de conduite précis.
Modéré, l’espace disponible en longueur ne permet pas d’allonger les jambes et contraint à écarter les genoux. En conduite sportive, la pratique du « talon-pointe » ne s’en trouve pas facilité. Pour cette raison, bien des collectionneurs de ce modèle ont d’ailleurs changé le grand volant d’origine par un plus petit.
Détail insolite : c’est sous le tableau de bord contre la colonne de direction, que sont implantés -dissimulés !- la clef de contact et un minuscule bouton-poussoir pour actionner le démarreur.
Moteur ! Ne vous attendez pas à déclencher un grondement de V8 musclé : celui-ci s’exprime dans une tonalité modérée qui laisse présager un tempérament maîtrisé plutôt qu’explosif. On le sent costaud, mais feutré et bien élevé ! Cependant, il monte en régime sans rechigner sur les trois premiers rapports de la boîte à quatre vitesses, commandée par un long levier au plancher dont le maniement requiert quelque habitude ou de la concentration.
Les accélérations sont franches mais dépourvues de brutalité. Les exemplaires équipés de rapports de pont courts ont cependant un caractère tonique, voire résolument vif. Dans cette configuration sportive, la BMW 507 devient alors très excitante à maîtriser, mais sans saute d’humeur excessive.
Comme son V8 se montre très souple, la 507 s’avère fort agréable à manier sur les routes sinueuses, dans les grandes enfilades qui sont son domaine de prédilection. Bien calé dans les sièges, vous pouvez anticiper son placement et vous laisser prendre par le rythme. Passant d’un appui à l’autre sans mollesse ni retard, elle révèle toutes les qualités de son châssis. La direction précise est ferme, mais dénuée de lourdeur et de réactions parasites, la suspension contrôle efficacement l’assiette, et l’amortissement concourt à engendrer un confort de conduite que le comportement sous-vireur sans excès permet de savourer en toute sérénité.
À allure soutenue, le phénomène ne s’amplifie pas exagérément même si, dans les courbes plus serrées, l’on sent bien son intention de tarder à entrer dans le virage. Une mise en appui plus anticipée permet de compenser cette fainéantise.
Une fois accoutumé à ce caractère, la 507 surprend par son aptitude aux changements de cap, ainsi que par la qualité de son freinage qui, si l’on maîtrise bien l’exercice, peut contribuer à une meilleure entrée en virage.
Agile et saine, au volant, elle ne fait vraiment pas son âge. Mais surtout, quelle séductrice. Le désamour dont elle a souffert n’a que trop duré ! Si vous le pouvez (chanceux…), précipitez-vous !
POUR EN SAVOIR PLUS…
.L’histoire de la BMW 507
.Sortie de grange : on a retrouvé la BMW 507 d’Elvis Presley

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