Et soudain, la voiture que l'on croyait disparue, détruite, perdue à jamais, réapparaît... (copyright archives AgrippA mediA /// archives Artcurial)

Et soudain, la voiture que l'on croyait disparue, détruite, perdue à jamais, réapparaît...
(copyright archives AgrippA mediA /// archives Artcurial)

RÉTROMOBILE 2015 :
BILAN DES ENCHÈRES À MI-PARCOURS

À MI-CHEMIN, PREMIER BILAN DES VENTES AUX ENCHÈRES DE LA SEMAINE DE RÉTROMOBILE 2015 AVANT LE GRAND RENDEZ-VOUS DE CE VENDREDI AVEC LA DOUBLE VACATION ARTCURIAL. DEUX ENSEIGNEMENTS : LES COLLECTIONNEURS DEVIENNENT INTRANSIGEANTS ET LES FAUSSES VALEURS SONT DÉSORMAIS SYSTÉMATIQUEMENT BALAYÉES.

Les marteaux d’ivoire ont leurs habitudes à Paris lors de la semaine de Rétromobile. Ils y battent désormais, a une cadence forte et réglée, les premières mesures des enchères européennes. Enchères qui, et c’est une excellente nouvelle, ont un écho mondial compte tenu de l’importance acquise par Rétromobile au niveau planétaire, qui draine dans la Capitale les plus grands collectionneurs. Les valeurs obtenues, l’ardeur des batailles, donnent donc une radiographie riche et juste du nouvel état du marché après la pause hivernale.

Les vacations des trois maisons qui dominent le marché des ventes européennes étaient programmées cette semaine selon le même ordre établi (coexistence pacifique –en tout cas intelligente…) : à RM Auctions le mercredi aux Invalides dans le cadre du Festival Automobile International, à Bonhams le jeudi sous les voûtes du Grand Palais, Artcurial –à tout seigneur tout honneur- jouant le grand final aujourd’hui vendredi dans une double séquence qui l’on prédit brillante.

A mi-chemin, les deux premières ventes nous livrent des enseignements que devrait confirmer (et peut-être accentuer) Artcurial aujourd’hui.

En ouverture mercredi, RM a donné le ton des débats : le « marché » (les collectionneurs) achète vite, fort et sans hésitation quand c’est mérité. Comme à son habitude, la maison canadienne proposait une vacation courte, ramassée sur 72 lots, tous de très belle facture, dans des états de restauration (et de présentation) aux standards américains –quasi irréprochables. RM a fait claquer son marteau sur de beaux chiffres.

En haut du tableau, 1,624 millions d’euros (toutes taxes comprises) pour une Ferrari 250 GT Lusso de 1963, 1,428 millions pour une Porsche 904 Carrera GTS 1964, 1,232 millions pour une Mercedes 300 SL Roadster de 1963, 1,176 millions pour une Ferrari F40 1990, 1,036 millions pour une Iso Grifo A3/C Stradale, et 705 000 euros pour une Ferrari Daytona de 1969. Un succès qu’il faut tempérer par quelques déceptions avec l’absence d’enchère significative (donc pas d’adjudication) pour plusieurs voitures majeures : une Lamborghini Countach LP400 première série, bel exemplaire mais qui avait subit des modification avant d’être restauré dans son état d’origine –certes magnifiquement, mais le marché aime ces voitures « intactes ». Une Alfa Romeo 6C 2500 Sport Berlinetta Touring estimée un peu trop généreusement (1,9 à 2 ,4 millions d’euros). Une Porsche 911 Carrera RS 2.7 à l’estimation elle aussi un peu trop élevée (1 à 1,4 millions) pour un modèle très présent aux enchères ces derniers mois. Une Delahaye 135 S, enfin, qui même si son estimation était raisonnable (1,2 à 1,6 millions) a été boudée en raison des nombreuses restaurations et contre-restaurations qu’elle a subies au fil de sa longue histoire. Mais, patience, en toute logique elle ne restera pas longtemps sans propriétaire.

Bonhams tenait marteau à son tour hier soir jeudi sous la nef du Grand Palais où la maison britannique a chaque année ses –prestigieuses- habitudes. Une belle vente, solide, charpentée par des valeurs sûres, de la belle ouvrage parfaitement maîtrisée par le directeur du département automobile de la maison britannique, Philip Kantor  : automobilias de qualité, magnifiques motos, puis une longue suite d’autos.

Sous le marteau, passaient quelques Abarth de l’ex-collection Maranello Rosso (collection rachetée par le propriétaire de Bonhams…), puis des Ferrari, des Maserati, des Rolls, des Alfa Romeo 6C, des Aston Martin, des petites comme des grandes sportives, bref, de quoi constituer une collection idéale. Le résultat n’est jamais garanti, mais l’on pensait bien assister à une belle soirée.

Longtemps après que le soleil a disparu (la vente comportait 146 lots automobiles), les chiffres confirmaient tout le bien que l’on avait pensé du catalogue. Après les automobilias et 48 motos, la vacation sur quatre roues s’ouvrait par un beau record : 57 500 euros pour un ancien karting d’Ayrton Senna ! La suite allait être à la hauteur. Par exemple, au fil des lots, 161 000 euros pour une Fiat Abarth 1000 Bialbero 1964, 128 800 euros pour une Abarth Simca 1300 1965, 195 500 euros pour une Maserati Khamsin,  218 500 euros pour une Jaguar Type E Serie 1 de 1961, 241 500 euros pour une Porsche Carrera RS de 1992, 793 500 euros pour une Maserati 3500 GT Spider Vignale de 1960, 1,897 millions pour une Aston Martin DB5 cabriolet de 1965, 937 250 euros pour une AC Cobra 289 MkII de 1966,…

Ce vendredi, seconde partie des enchères de la semaine. C’est au tour d’Artcurial d’entrer en piste pour, à 17 heures, une vente classique avec de très belles pièces (Ferrari 275, Maserati 3500 Spider, Bugatti, BMW M1,…) mais surtout, dès 14 heures, avec la dispersion de l’énorme « collection endormie » de Jacques et Roger Baillon. Un événement de portée mondiale –même si la majorité des autos sont des épaves difficilement « sauvables ».

Cette vente est bien plus qu’une belle opération commerciale. Comme l’a très bien évoqué le patron d’Artcurial Motorcars Matthieu Lamoure, il se dégage de cette collection ruinée et endormie une magie rare, une poésie fantastique. Ce ne sont pas des voitures abîmées, c’est un rêve inachevé puisque, une fois leurs acquisitions réalisées de manière parfois compulsive, Jacques et Roger Baillon ont été privés des moyens nécessaires à leur restauration.

Une collection qui compte notamment une Ferrari 250 GT California et une Maserati A6, vedettes du catalogue et des affiches de la vente. Mais, malgré les folles enchères qu’elles vont déclencher, que pèsent-elles à côté des carrosseries déchirées des beautés ravagées ? Il faudrait être assez riche (et assez fou) pour les acheter et les exposer ainsi car, restaurées –ou reconstruites, elles perdront l’irréel magnétisme qu’exhale leur décrépitude.

Ouverture de la vacation porte de Versaille à 14 heures. A ne manquer sous aucun prétexte. Ne serait-ce que pour les voir une dernière fois ensemble, pour leurs derniers moments de sommeil et de rouille. D’ici quelques mois (quelques années pour certaines…), elles auront la vedette des grands concours d’élégance de Pebble Beach et de Chantilly. Leur nouveau destin, de poussière à lumière.

 

POUR EN SAVOIR PLUS :

.Le catalogue de la vente Artcurial

.Le catalogue et les résultats de la vente Bonhams

.Le catalogue et les résultats de la vente RM Auctions

 

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