De 1960 à 1964, environ 245 Maserati 3500 GT Spyder ont été produites par Vignale. Elles possèdent une carrosserie en acier au contraire des coupés construits en aluminium par la Carrozzeria Touring selon le procédé « Superleggera ». (copyright archives AgrippA mediA /// archives Artcurial)

De 1960 à 1964, environ 245 Maserati 3500 GT Spyder ont été produites par Vignale. Elles possèdent une carrosserie en acier au contraire des coupés construits en aluminium par la Carrozzeria Touring selon le procédé « Superleggera ».
(copyright archives AgrippA mediA /// archives Artcurial)


Maserati 3500 GT Spyder Vignale de 1961(vente Artcurial du 6 février 2015 à Paris, lot n°144), châssis n°101 1221, moteur n°101 1221, estimée de 600 000 à 700 000, dans son état d’origine, vendue 834 400 euros. Prévoir 100 000 euros de restauration. (copyright archives AgrippA mediA /// archives Artcurial)

Maserati 3500 GT Spyder Vignale de 1961(vente Artcurial du 6 février 2015 à Paris, lot n°144), châssis n°101 1221, moteur n°101 1221, estimée de 600 000 à 700 000, dans son état d’origine, vendue 834 400 euros. Prévoir 100 000 euros de restauration.
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Maserati 3500 GT Spyder Vignale de 1962 (vente Artcurial du 6 février 2015 à Paris, lot n°202), châssis n°AM101 1120, moteur n°AM101 1120 livré avec la voiture, mais autre bloc installé dans l’auto. Estimée de 600 000 à 800 000 euros, vendue 858 240 euros. (copyright archives AgrippA mediA /// archives Artcurial)

Maserati 3500 GT Spyder Vignale de 1962 (vente Artcurial du 6 février 2015 à Paris, lot n°202), châssis n°AM101 1120, moteur n°AM101 1120 livré avec la voiture, mais autre bloc installé dans l’auto. Estimée de 600 000 à 800 000 euros, vendue 858 240 euros.
(copyright archives AgrippA mediA /// archives Artcurial)


Ateliers de montage Maserati, Viale Ciro Menotti à Modène, fin 1957. Les premiers coupés 3500 GT y sont en cours de finition. Notez, sur l’établi en bas à droite de l’image, le châssis tubulaire d’une monoplace de Formule 1 en cours d’assemblage. (copyright archives AgrippA mediA /// Fonds Montén)

Ateliers de montage Maserati, Viale Ciro Menotti à Modène, fin 1957. Les premiers coupés 3500 GT y sont en cours de finition. Notez, sur l’établi en bas à droite de l’image, le châssis tubulaire d’une monoplace de Formule 1 en cours d’assemblage.
(copyright archives AgrippA mediA /// Fonds Montén)


Une curieuse photo de promotion de 1959 censée vanter les qualités de la Maserati 3500 GT. Mais pourquoi le publicitaire a-t-il installé cette jeune femme dans le coffre de du coupé Touring ? La mannequin elle-même ne semble pas comprendre ! (copyright archives AgrippA mediA)

Une curieuse photo de promotion de 1959 censée vanter les qualités de la Maserati 3500 GT. Mais pourquoi le publicitaire a-t-il installé cette jeune femme dans le coffre de du coupé Touring ? La mannequin elle-même ne semble pas comprendre !
(copyright archives AgrippA mediA)


MASERATI 3500 GT SPYDER :
L’ENVOL N’EST PAS FINI…

LA FERRARI 250 GT SPYDER CALIFORNIA FAIT RÊVER TOUS LES COLLECTIONNEURS. LE NOUVEAU RECORD ÉTABLI PAR UN EXEMPLAIRE LORS DE LA VENTE ARTCURIAL DE RÉTROMOBILE (16,3 MILLIONS D’EUROS) EST LÀ POUR LE PROUVER. AVEUGLÉ PAR CET ÉTOURDISSANT ÉCLAT DE FORMES (ET DE CHIFFRES...), LES AMATEURS ONT MIS DU TEMPS À VOIR QU’IL EXISTAIT UN AUTRE CABRIOLET ITALIEN DE LA MÊME ÉPOQUE DIGNE DE GRAND INTÉRÊT : LA MASERATI 3500 GT SPYDER.
DEPUIS QUELQUES MOIS, SA COTE S’ENVOLE. ET CE N'EST PAS TERMINÉ.

Jusqu’en 2013, une Maserati 3500 GT Spyder changeait de mains pour 200 000, parfois 250 000 euros. A ce prix, il fallait qu’elle soit en bel état d’origine ou bien restaurée, saine de carrosserie et de mécanique, avec des numéros de moteur, de boîte de vitesses et de châssis concordants. Que l’un de ces critères fasse défaut et la voiture vous restait sur les bras.

Sans comparaison avec les California qui évoluaient dans d’autres sphères, on leur préférait à des prix bien plus élevés et dans des état moins irréprochables, d’autres grands cabriolets dont la cote ne cessait d’augmenter : côté italien les Ferrari 250 GT Pinin Farina et les Lancia B24 America, chez les Allemands les BMW 507 et les Mercedes 300 SL, côté anglais, enfin, les Aston Martin DB4 et DB5.

Mais depuis les célébrations en 2014 du centenaire de Maserati, marque jusque là globalement délaissée, aux modèles presque méprisés, une injustice est en passe d’être réparée. En rouvrant leurs livres d’histoire automobile à la faveur du centenaire, les amateurs ont redécouvert une marque à la production noble, au palmarès sportif prestigieux, aux technologies et aux designs souvent à la pointe de leur époque.

Ignorée pendant des décennies, la 3500 GT Spyder est un peu la synthèse de tout cela.

 

CONÇUE COMME UNE VOITURE DE COURSE

 

C’est le légendaire ingénieur de toutes les Maserati sportive à succès d’après-guerre, Giulio Alfieri, qui se met à la table à dessin pour concevoir la 3500. Comme souvent, le projet commence par un coupé.

Alfieri imagine sa GT de route, nom de code « Tipo 101 » comme il conçoit ses voitures de course : châssis traditionnel à longerons légers, empattement long de 2598 mm. Le six cylindres en ligne double arbre de 3485 cm3 développant 220 chevaux, moderne, léger, directement dérivé de la barquette 350S, est implanté en position avant. Pour le dessin, il s’en remet à la Carrozzeria Touring, à Milan. Celle-ci lui propose un dessin que Ferrari n’aurait pas renié –euphémisme- car il est (osons…) plus réussi que celui tracé sans originalité par Pinin Farina en 1954 pour le coupé 250 GT.

Touring construit la carrosserie selon le principe du « Superleggera » qu’il n’a pas inventé (on le croit souvent) mais qu’il a codifié et dont il a fait une marque. Le principe : le châssis est habillé d’un treillis de fin tubes en acier sur lequel est accroché la carrosserie, les feuilles d’aluminium formé. Problème : les deux matériaux génèrent de la corrosion et une usure excessive à leurs points de contacts. Touring isole donc ces zones en entourant les tubes avec des petites pièces de feutre. Souci du détail…

La 3500 GT, présentée au Salon de l’Auto de Genève en 1957, remporte un succès immédiat. Ce qui séduit ? Tout. Sa ligne, sa mécaniques de course (même si elle ne courra jamais), ses deux –petites- places arrière, ses équipement et sa finition -nettement supérieurs à ceux de sa rivale, le coupé Ferrari 250 GT.

Trois ans plus tard en octobre 1960, voilà la 3500 GT Spyder présentée au Salon de Paris. Elle ne porte pas la patte de Touring. C’est la Carrozzeria Vignale, avec un dessin de son designer vedette, Giovanni Michelotti, qui a remporté l’appel d’offre de Maserati.

 

245 VOITURES PRODUITES, ET PAS MAL À REDÉCOUVRIR…

 

Le Spyder Vignale diffère du Coupé Touring par son empattement réduit à 2500 mm, et sa ligne de caisse brisée, qui rebondie après les portes. Une allure nerveuse obtenue également par la réduction des porte-à-faux avant et arrière (plus de 230 mm au total, ce qui lui a fait perdre ses deux places arrière). C’est de plus une voiture légère : à peine 1400 kg à vide bien que sa carrosserie ne soit plus en aluminium, comme sur le coupé, mais en acier. Elle va proportionnellement rencontrer un succès aussi important que le coupé. Au total, la Maserati 3500 GT va être fabriquée à environ 2230 exemplaires entre 1957 et 1964, dont 245 cabriolets.

Mais Maserati soutient de moins en moins la comparaison avec Ferrari. Sur les circuits, ses heures de gloires sont derrière elles tandis que le Cavallino vole de succès en succès, en monoplace comme en Sport. Le Trident est sur le déclin et ne soutient plus la comparaison. L’image de constructeur sportif qui fait bénéficier à ses clients de transferts de technologie « de la course çà la route » se fane. Peu à peu, Maserati s’étiole, abandonne la compétition vit des heures industrielles difficiles. Sa réputation vacille. Les clients se détournent de la marque et, pire, les collectionneurs ne lèvent même plus une paupière sur les modèles. Oubliant pourtant que, jusqu’au années soixante, jusqu’à la 3500, Maserati produisait des voitures de route mécaniquement très proches des voitures qui gagnaient en championnat du monde d’Endurance. Cette amnésie va durer plusieurs décennies. Même au plus fort de la folle vague de spéculation sur les voitures de collection des années quatre-vingts, la cote des Maserati ne sort pas de sa torpeur. Seuls les modèles de courses semblent avoir une valeur aux yeux des collectionneurs. Mais les modèles de routes qui en sont dérivés, aucune ! Quel paradoxe !

 

DIFFÉRENTES PHASES DE LA COTE ET MARGE DE PROGRESSION

 

Jusqu’aux années 2000, il est très courant de trouver des coupés pour l’équivalent de 30 000 euros et des cabriolets pour moins de 50 000. Des niveaux qui vont très lentement progresser. Au début des années 2010, les qualités des Maserati sont peu à peu redécouvertes. Les cotes finissent par doubler –ce qui est encore bien peu. Avantage : ceux qui aiment les Maserati 3500 pour ce qu’elles sont et non pour ce qu’elles valent peuvent les collectionner. Dans le même temps, les Ferrari équivalentes voient leurs cotes continuer de grimper à des niveaux vertigineux, de dix à cinquante fois supérieures.

Mais depuis trois ans, et plus encore l’année dernière avec « l’effet centenaire », la cote des Maserati, en particulier celle des 3500 GT et spécialement celle des Spyder, s’envole : 150 000 euros voici trois ans, 250 000 euros voici deux ans, 450 000 l’année dernière, 850 000 euros depuis Rétromobile, le rattrapage se fait au pas de charge. Prochaine étape ? Le seuil psychologique du million sera sans doute franchi cette année. Après ? Difficile à dire.

La Maserati 3500 GT Spider ne vaudra jamais le prix d’un Spyder California. La faute à l’absence de palmarès sportif du modèle. Car si les California ont été actives en compétition et remporté leur catégorie (GT) aux 24 Heures du Mans et sur d’autres épreuves d’Endurance, les 3500 GT Spyder n’ont, elles, jamais couru malgré leur qualités. De plus, leur production, certes faibles, est plus du double de celle des California (à peine plus de cent voitures).

Mais la marge de progression d’une voiture aussi élégante et sensuelle que la Maserati 3500 GT Spyder est encore importante. Si vous l’aimez, si vous le pouvez, achetez maintenant…

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