Le 16 juillet 1955, pour la première et la seule fois de sa carrière en Grand Prix, Stirling Moss bat Fangio. « Mais l’ai-je vraiment fait ? » se demande l’Anglais aujourd’hui encore... (copyright archives AgrippA-mediA /// archives Daimler AG)

Le 16 juillet 1955, pour la première et la seule fois de sa carrière en Grand Prix, Stirling Moss bat Fangio. « Mais l’ai-je vraiment fait ? » se demande l’Anglais aujourd’hui encore...
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Moss : "Je ne lui ai pas posé la question. Cela ne se faisait pas. Et lui ne m'a rien dit. Il est parti avec son secret..." (copyright archives AgrippA-mediA /// archives Daimler AG)

"Je ne lui ai pas posé la question. Cela ne se faisait pas. Et lui ne m'a rien dit. Il est parti avec son secret..."
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Moss (n°12) a la pole position, mais Fangio (n°10) prend un meilleur départ que lui et s’installe en tête dès les premiers mètres (copyright archives AgrippA-mediA /// archives Daimler AG)

Moss (n°12) a la pole position, mais Fangio (n°10) prend un meilleur départ que lui et s’installe en tête dès les premiers mètres
(copyright archives AgrippA-mediA /// archives Daimler AG)


Moss : "En dix ans, je n’ai doublé Manuel que deux fois à la régulière : ici à Aintree lors du Grand Prix de Grande Bretagne. Et je ne suis pas sûr de l’avoir vraiment fait !" (copyright archives AgrippA-mediA /// archives Daimler AG)

Moss : "En dix ans, je n’ai doublé Manuel que deux fois à la régulière : ici à Aintree lors du Grand Prix de Grande Bretagne. Et je ne suis pas sûr de l’avoir vraiment fait !"
(copyright archives AgrippA-mediA /// archives Daimler AG)


"En fin de course, il n'a plus essayé de me doubler. Je crois que l'ordre de Neubauer n'avait rien à voir là-dedans. D'un autre côté, ce jour-là, j'ai vraiment roulé très vite. J'étais porté..." (copyright archives AgrippA-mediA /// archives Daimler AG)

"En fin de course, il n'a plus essayé de me doubler. Je crois que l'ordre de Neubauer n'avait rien à voir là-dedans. D'un autre côté, ce jour-là, j'ai vraiment roulé très vite. J'étais porté..."
(copyright archives AgrippA-mediA /// archives Daimler AG)


16 juillet 1955
LE SEUL JOUR
OÙ MOSS A BATTU FANGIO

HIER, STIRLING MOSS RACONTAIT QUE DANS TOUTE SA CARRIÈRE EN GRAND PRIX, IL N'AVAIT DOUBLÉ JUAN MANUEL FANGIO QUE DEUX FOIS ; CELA DANS LA MÊME COURSE... MAIS SANS ÊTRE VRAIMENT SÛR QUE L'ARGENTIN N'AIT PAS JOUÉ AVEC LUI CE JOUR-LÀ !
CE JOUR-LÀ, C'ÉTAIT LE 16 JUILLET 1955. MOMENT DE GLOIRE POUR MOSS SUR LE CIRCUIT D'AINTREE POUR LE GRAND PRIX DE GRANDE BRETAGNE.
VICTOIRE DE MOSS SUR FANGIO OU CADEAU DE FANGIO À MOSS ? À VOUS DE JUGER...

Aintree, 16 juillet 1955. L’hippodrome-circuit installé dans la banlieue de Liverpool n’a jamais vu un public aussi nombreux se bousculer à ses tourniquets. La foule est prise de frénésie, se pousse, trébuche, écrase les pieds des trop lents, gifle les resquilleurs. 140 000 supporters ont perdu toute retenue, oublié leur flegme. Ils veulent voir le nouveau roi. Il s’appelle Stirling Moss. À 25 ans, il est le premier Britannique à décrocher une pole-position en championnat du monde de F1. Et il a choisi son Grand Prix pour écrire cette page d’Histoire.

La grille de départ semble contaminée par la folie des tribunes. La Mercedes W196 R N°12 du petit britannique est entourée d’une meute de photo-reporters et de VIP. Chacun y va de son accolade, de ses mots à l’oreille et de ses clins d’œil. On dirait une nichée couvrant un oisillon de conseils et d’attentions avant qu’il ne saute hors du nid pour son premier vol.

Un oisillon, voilà une image qui colle plutôt bien au jeune Moss. Avec son physique décharné et sa tête déplumée, il ressemble plus à un moineau de l’année qu’à un aigle. L’aigle est à côté de lui sur la grille de départ : Juan Manuel Fangio, 44 ans, attend nonchalamment que la procédure de départ débute, ses énormes avant-bras velus affalés sur les bords du cockpit argenté d’une autre Mercedes W196 R officielle, frappée d’un n°10.

 

FANGIO : 33 DÉPARTS EN F1, 32 EN PREMIÈRE LIGNE !

 

En fait Moss est surtout ovationné parce qu’il y a décroché une pole-position en matant Fangio, le déjà double champion du monde, l’ogre des circuits. Avant ce Grand Prix de Grande Bretagne 1955, l’Argentin s’est déjà constitué un palmarès extraordinaire : 33 Grand Prix courus depuis 1950, 32 départs en première ligne dont 17 fois en pole positions, 22 podiums dont 16 victoires, 16 meilleurs tours en course, 2 titres mondiaux. Grâce, talent, Fangio au volant, c’est inégalable, inexplicable, divin. Vous imaginez maintenant pourquoi le jeune Moss a hérité depuis la veille du statut de demi-dieu du stade !

L’Aigle de Balcarce -c’est le surnom dont les journaux ont affublé Fangio en raison de la domination qu’il exerce sur le championnat du monde et de sa ville argentine d’origine- n’est guère impressionné par l’émoi que la performance de son jeune camarade a suscité. Chez Mercedes, où les deux hommes font équipe sur les redoutables W196 R, on n’est pas plus agité. Pour l’énorme Alfred Neubauer, patron du service compétition de la firme allemande, l’ordre importe peu. L’essentiel est que ses “Flèches d’Argent” (les “Silberpfeile“) soient au commandement. Mais le public des Grand Prix, lui, a vécu cette performance comme un électrochoc. Et pour cause…

Depuis le début du championnat 1955, Fangio et sa Mercedes ont en effet survolé les épreuves, remportant trois courses sur quatre. Seul le Grand Prix de Monaco lui a échappé (rupture de distribution). Qu’un jeune galopin puisse faire la nique à l’extraterrestre déchaîne toutes les passions. Puisqu’il a décroché cette pole inattendue, Moss ne pourrait-il pas en plus être le premier Britannique à remporter son Grand Prix ?

 

MOSS EST EN POLE POSITION, MAIS RATE SON DÉPART

 

Le soufflet retombe instantanément au baisser du drapeau : Moss rate son départ et Fangio récupère instantanément  cette première place si prometteuse. Tout est à refaire… Au premier virage, l’Argentin passe en tête, suivi de l’Anglais, suivi en troisième position de Jean Behra sur Maserati et deux autres Mercedes. Pendant deux tours, Juan mène la danse sans donner l’impression de forcer –comme toujours. Mais soudain une immense clameur réveille les tribunes : Moss vient de passer en tête ! Le voilà qui attaque sans retenue, cravachant sa mécanique, lançant le 8 cylindres en ligne à la limite de la rupture. Neubauer fronce les sourcils : à quoi diable jouent ses deux pilotes de pointe ? Chrono sur le ventre, il commence ses calculs. Après dix tours, malgré sa cadence infernale, Moss ne possède que 1,5 secondes d’avance sur Fangio –autant dire rien, en revanche le troisième, Kling, sur la même voiture, est déjà relégué à 30 secondes d’eux ! Fangio suit le moineau et sept tours plus tard, reprend le commandement. Piqué au vif, Moss n’est plus courageux : il devient audacieux, téméraire. A la faveur de dépassements sur les attardés, il redouble le maître. Aintree est debout. 140 000 voix hurlent. Ce n’est plus un Grand Prix, c’est un duel. Neubauer perd patience. A la mi-course (45e tour), il passe lui-même à Fangio le panneau “RG” qui signifie “Regolare” “Restez comme ça”. Derrière les trois Mercedes de Moss, Fangio et Kling, d’autres voitures tente de pointer le bout de leur museau, mais elles vont casser les unes après les autres tant le rythme imposé par les leaders est élevé; ce qui permet au vétéran Taruffi (49 ans) de hisser une quatrième Mercedes derrière les trois premières.

Neubauer, qui s’éponge depuis quelques tours le front avec un immense mouchoir blanc, passe alors un panneau : “PI” (“Piano”, “Doucement”). Fangio lève instantanément le pied. L’avance de Moss passe à quatre secondes. Après 75 tours, il ne reste que dix voitures en course sur les 24 qui ont pris le départ. Au 88ème tour, Moss oublie le “Piano” et se déchaîne, il égale son chrono de la pole position, est-ce pour impressionner Fangio ? L’Argentin va-t-il, lui aussi, fronder et attaquer pour reprendre la tête ? Non, il maintient son rythme. Moss, sûr de la loyauté de son coéquipier, ralentit alors et les deux Flèches d’Argent passent la ligne d’arrivée groupées.

C’est la première fois qu’un pilote britannique remporte son Grand Prix national, le public exulte, Moss entre dans l’Histoire. Une entrée flamboyante et un parfum d’énigme : comme il nous le révélait récemment, Sir Stirling se demande en effet aujourd’hui encore si Fangio ne lui a pas laissé gagner ce Grand Prix…

Par pudeur, par amitié ou tout simplement pour gentiment agacer ce gamin qu’il aimait tant, l’Argentin n’a jamais voulu lui révéler s’il l’avait volontairement laissé passer dans le 3e tour, puis dans le trafic lorsqu’ils doublaient des attardés.

Le 17 juillet 1995, 40 ans et un jour après cet événement, Fangio s’en est allé sans avoir livré son secret.

POUR EN SAVOIR PLUS :
.Stirling Moss raconte son ami Fangio : “Mon bourreau, mon maître”

 

 

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