Il y a les Ferrari de compétition. Et les Ferrari de compétition conduites par Fangio. Une caste dans la caste. C’est ce supplément d’histoire qui va permettre à cette Ferrari 290 MM d’atteindre un record d’enchères. (copyright archives AgrippA mediA /// archives RM-Sotheby’s – Tim Scott)

Il y a les Ferrari de compétition. Et les Ferrari de compétition conduites par Fangio. Une caste dans la caste. C’est ce supplément d’histoire qui va permettre à cette Ferrari 290 MM d’atteindre un record d’enchères.
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La Ferrari 290 MM châssis n°626 va permettre à Ferrari de décrocher en 1956 le titre mondial en catégorie « Sport » lors de la cinquième et dernière course de la saison en Suède. La Scuderia devait absolument gagner pour être couronnée. (copyright archives AgrippA mediA /// archives RM-Sotheby’s – Tim Scott)

La Ferrari 290 MM châssis n°626 va permettre à Ferrari de décrocher en 1956 le titre mondial en catégorie « Sport » lors de la cinquième et dernière course de la saison en Suède. La Scuderia devait absolument gagner pour être couronnée.
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Le 28 avril 1956 à l’occasion des XXIIème Mille Miglia, Juan Manuel Fangio va réaliser au volant de cette barquette Ferrari 290 MM l’un des exploits dont il a le secret. Il ne lui rapportera ni couronne, ni médaille. Rien qu’un peu plus de gloire… (copyright archives AgrippA mediA /// archives RM-Sotheby’s – Tim Scott)

Le 28 avril 1956 à l’occasion des XXIIème Mille Miglia, Juan Manuel Fangio va réaliser au volant de cette barquette Ferrari 290 MM l’un des exploits dont il a le secret. Il ne lui rapportera ni couronne, ni médaille. Rien qu’un peu plus de gloire…
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Les pilotes qui connaissaient bien le parcours des Mille Miglia -c’étaient le cas d’Eugenio Castellotti et de Juan Manuel Fangio- partaient sans coéquipier afin de gagner du poids. Le cockpit était alors équipé d’un capot qui couvrait le siège de gauche. (copyright archives AgrippA mediA /// archives RM-Sotheby’s – Tim Scott)

Les pilotes qui connaissaient bien le parcours des Mille Miglia -c’étaient le cas d’Eugenio Castellotti et de Juan Manuel Fangio- partaient sans coéquipier afin de gagner du poids. Le cockpit était alors équipé d’un capot qui couvrait le siège de gauche.
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La Ferrari 290 MM est une voiture légère, puissante et bien équilibrée : elle pèse à peine 880 kg à vide (soit un peu plus de 1100 kg avec ses pleins et le pilote) et son bloc délivre 320 chevaux. Le tout « ralenti » par des freins à tambour. (copyright archives AgrippA mediA /// archives RM-Sotheby’s – Tim Scott)

La Ferrari 290 MM est une voiture légère, puissante et bien équilibrée : elle pèse à peine 880 kg à vide (soit un peu plus de 1100 kg avec ses pleins et le pilote) et son bloc délivre 320 chevaux. Le tout « ralenti » par des freins à tambour.
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Même s’il en reprend certaines caractéristiques générales, le nouveau V12 « Jano-Bellentani-Fraschetti » est plus court et plus large que le V12 créé pour Ferrari par Lampredi. Il peut ainsi être installé plus en arrière dans la voiture. (copyright archives AgrippA mediA /// archives RM-Sotheby’s – Tim Scott)

Même s’il en reprend certaines caractéristiques générales, le nouveau V12 « Jano-Bellentani-Fraschetti » est plus court et plus large que le V12 créé pour Ferrari par Lampredi. Il peut ainsi être installé plus en arrière dans la voiture.
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Le V12 installé dans la Ferrari 290 MM est un bloc inédit : même si par ses caractéristiques générales il leur ressemble, ce n’est ni un « Lampredi », ni un « Colombo ». Il a été créé par Vittorio Jano, Vittorio Bellentani et Andrea Fraschetti. (copyright archives AgrippA mediA /// archives RM-Sotheby’s – Tim Scott)

Le V12 installé dans la Ferrari 290 MM est un bloc inédit : même si par ses caractéristiques générales il leur ressemble, ce n’est ni un « Lampredi », ni un « Colombo ». Il a été créé par Vittorio Jano, Vittorio Bellentani et Andrea Fraschetti.
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Cette Ferrari 290 MM châssis n°0626 a été acquise en 1970 par Pierre Bardinon qui la fit entièrement restaurée. Elle est restée 35 ans dans son musée du Mas du Clos, avant de rejoindre la collection de l’Anglais Ronald Stern en 2004. (copyright archives AgrippA mediA /// archives RM-Sotheby’s – Tim Scott)

Cette Ferrari 290 MM châssis n°0626 a été acquise en 1970 par Pierre Bardinon qui la fit entièrement restaurée. Elle est restée 35 ans dans son musée du Mas du Clos, avant de rejoindre la collection de l’Anglais Ronald Stern en 2004.
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Hors leurs numéros de course, les 290 MM de Castellotti et Fangio aux Mille Miglia se différencient par les peintures de leur museau : jaune pour celle de l’Italien, bleu et jaune pour celle de l’Argentin (couleurs de l’Argentine péroniste). (copyright archives AgrippA mediA /// archives RM-Sotheby’s – Tim Scott)Hors leurs numéros de course, les 290 MM de Castellotti et Fangio aux Mille Miglia se différencient par les peintures de leur museau : jaune pour celle de l’Italien, bleu et jaune pour celle de l’Argentin (couleurs de l’Argentine péroniste). (copyright archives AgrippA mediA /// archives RM-Sotheby’s – Tim Scott)

Hors leurs numéros de course, les 290 MM de Castellotti et Fangio aux Mille Miglia se différencient par les peintures de leur museau : jaune pour celle de l’Italien, bleu et jaune pour celle de l’Argentin (couleurs de l’Argentine péroniste).
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Pierre Bardinon avait apposé sur l’aile avant gauche de la Ferrari 290 MM châssis n°0626 son badge « Collection Mas du Clos » quand elle eut intégré son musée. Le propriétaire suivant aurait dû laisser cet hommage au grand collectionneur. (copyright archives AgrippA mediA /// archives RM-Sotheby’s – Tim Scott)

Pierre Bardinon avait apposé sur l’aile avant gauche de la Ferrari 290 MM châssis n°0626 son badge « Collection Mas du Clos » quand elle eut intégré son musée. Le propriétaire suivant aurait dû laisser cet hommage au grand collectionneur.
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La carrosserie en aluminium de la Ferrari 290 MM n’a jamais connu la planche à dessin. Comme souvent pour les Ferrari de compétition, elle a été sculptée à coups de marteau par Sergio Scaglietti qui s’est inspiré des « Mondial » et des « Monza ». (copyright archives AgrippA mediA /// archives RM-Sotheby’s – Tim Scott)

La carrosserie en aluminium de la Ferrari 290 MM n’a jamais connu la planche à dessin. Comme souvent pour les Ferrari de compétition, elle a été sculptée à coups de marteau par Sergio Scaglietti qui s’est inspiré des « Mondial » et des « Monza ».
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Quatre barquettes 290 MM seulement ont été construites par Ferrari. Leur seule destination : disputer et remporter le titre mondial des Voitures de Sport en 1956 face à l’écurie Maserati, sa voisine de Modène, sa principal rivale en piste. (copyright archives AgrippA mediA /// archives RM-Sotheby’s – Tim Scott)

Quatre barquettes 290 MM seulement ont été construites par Ferrari. Leur seule destination : disputer et remporter le titre mondial des Voitures de Sport en 1956 face à l’écurie Maserati, sa voisine de Modène, sa principal rivale en piste.
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À 6 heures du matin (d’où son numéro de course, le 600), ce 28 avril 1956, Juan Manuel Fangio s’élance sous la pluie du podium de départ des XXIIème Mille Miglia au volant de la démoniaque Ferrari 290 MM, châssis n°0626. (copyright archives AgrippA mediA /// RM-Sotheby’s – Giorgio Nada - Novafoto / Sorlini Collection)

À 6 heures du matin (d’où son numéro de course, le 600), ce 28 avril 1956, Juan Manuel Fangio s’élance sous la pluie du podium de départ des XXIIème Mille Miglia au volant de la démoniaque Ferrari 290 MM, châssis n°0626.
(copyright archives AgrippA mediA /// RM-Sotheby’s – Giorgio Nada - Novafoto / Sorlini Collection)


Juan Manuel Fangio confia que ces Mille Miglia 1956 avaient été l’une de ses courses les plus éprouvantes mais aussi l’une des plus belles de sa carrière car, parti battu, dans une auto fonctionnant mal, il avait exploré les limites de son talent. (copyright archives AgrippA mediA /// archives RM-Sotheby’s – Roberto Piccinini)

Juan Manuel Fangio confia que ces Mille Miglia 1956 avaient été l’une de ses courses les plus éprouvantes mais aussi l’une des plus belles de sa carrière car, parti battu, dans une auto fonctionnant mal, il avait exploré les limites de son talent.
(copyright archives AgrippA mediA /// archives RM-Sotheby’s – Roberto Piccinini)


FERRARI 290 MM # 0626 :
LE DÉMON DE 6 HEURES

DÉBUT 1956, LA SCUDERIA MET À LA DISPOSITION DE SES PILOTES POUR LE CHAMPIONNAT DU MONDE "SPORT" LA FERRARI 290 MM. UNE NOUVELLE BARQUETTE ÉQUIPÉE D’UN V12 INÉDIT. À SON VOLANT, CASTELLOTTI ET FANGIO VONT RÉALISER DEUX DES PLUS BEAUX EXPLOITS DE LEUR CARRIÈRE.
L’UNE DE CES 290 MM, LE CHÂSSIS N°0626, OBJET DE NOTRE ARTICLE, VA ÊTRE VENDUE EN DÉCEMBRE AUX ENCHÈRES À NEW YORK PAR RM-SOTHEBY'S. UN RECORD SOUS LE MARTEAU EST ATTENDU…

Début 54, Ferrari délaisse ses V12 et se lance la production d’une grande lignée de barquettes à quatre cylindres qui défendent les couleurs de la marque dans le championnat du monde « Sport ». Cette prestigieuse parentèle, s’appelle 500 Mondial, 735 Sport, 750, 857 et 860 Monza, 500 Testa Rossa, 625 LM et 500 TRC -cette dernière ayant été produite en 1957 principalement pour les clients. La Scuderia ne refait du V12 son moteur de base pour toutes les barquettes de la catégorie Sport, que quatre saisons plus tard, fin 1957, avec la 250 Testa Rossa.

 

QUATRE EXEMPLAIRES ET UN V12 “HYBRIDE”

 

Tout au long de l’ère reine des quatre cylindres, quelques rares « Sport » à moteur V12 continuent cependant à être produites : elles s’appellent 375 MM, 375 Plus, 250 Monza, puis 410 Sport, 290 MM et S, et enfin 315 et 335 S. Ces 12 cylindres sont généralement engagés directement par l’usine dans les plus importantes épreuves du championnat du monde.

La Ferrari 290 MM est construite début 1956 à seulement quatre exemplaires (châssis n°0606, 0616, 0626 et 0628). Sous son capot, bat un nouveau V12 de 3,5 litres. Il a été dessiné par un trio d’ingénieurs, Vittorio Jano, Vittorio Bellentani et Andrea Fraschetti, qui ont emprunté des solutions vues sur les blocs préalablement créés par Gioacchino Colombo et Aurelio Lampredi.

La carrosserie, comme souvent, n’est pas sortie d’une planche à dessin : elle a été sculptée à coups de marteau par Sergio Scaglietti et ses compagnons -en s’inspirant toutefois de la ligne des Mondial et des Monza.

Au volant des 290 MM, Eugenio Castellotti et Juan Manuel Fangio, vont réaliser deux de leurs plus beaux exploits…

 

UN CHAMPIONNAT DU MONDE EN CINQ ÉTAPES

 

Le  championnat du monde des Voitures de Sport compte, en 1956, cinq épreuves réparties de janvier à août : les 1000 km de Buenos Aires, les 12 Heures de Sebring, les Mille Miglia, les 1000 km du Nürburgring et le Grand Prix de Suède.

Lors des deux premières courses, ce sont les quatre cylindres qui donnent à Ferrari ses meilleurs résultats : 2ème en Argentine avec la 860 Monza après que les deux 410 Sport durent abandonner sur des problèmes de transmission, les 860, éclatantes de vigueur, dominent également en un magnifique doublé à Sebring (Fangio/Castellotti devant Musso/Schell).

Après une première apparition décevante en course début 56 au Tour de Sicile (Musso avec le châssis n°0606 et Castellotti avec le châssis n°0616, double abandon), la 290 MM fait ses grands débuts lors de la XXIIIème édition des Mille Miglia les 28 et 29 avril -aux côtés de deux 860 Monza également engagées par l’usine.

 

LA CADENCE INFERNALE DE CASTELLOTTI…

 

La première des 290, châssis n°0616, inscrite en course sous le numéro 548, est confiée à Eugenio Castellotti. La seconde, châssis n° 0626, est engagée pour Juan Manuel Fangio dont c’est la première saison pour Ferrari, sous le numéro de course 600.

Les numéros de courses des Mille Miglia indiquant l’heure à laquelle la voiture prend le départ à Brescia (les concurrents s’élancent un par un), Fangio partira à six heures du matin, fermant la marche des équipages de la Scuderia en catégorie Sport. Au programme, 1597 km de course sur routes ouvertes jusqu’à Rome, et retour.

Castellotti et Fangio, vainqueurs en équipage à Sebring, se retrouvent cette fois-ci adversaires. Au volant de sa 290 qui ne rencontre cette fois aucun problème, l’Italien va écrire pour Ferrari l’une des pages comme seules les Mille Miglia en ont offertes au grand livre du sport automobile.

Sous une pluie battante, le pilote de Lodi se transcende et accroît constamment son avance au fil des heures de course. Aux contrôles de passage, les commissaires vérifient deux fois la feuille que leur tend Eugenio, pensant s’être trompé : il tient une moyenne supérieure à 137 kn/h. Derrière lui, Fangio se bat tout autant. Mais pour rester sur la route.

 

…L’ENFER EN CADENCE POUR FANGIO

 

Ses ennuis ont commencé avant le départ quand une fuite s’est déclarée sur le réservoir d’essence. Pour le réparer, les mécaniciens de la Scuderia ont du découper en catastrophe la carrosserie, mais n’ont pas eu le temps de reboucher les trous ainsi ouvert. Dès les premiers kilomètres de course, couverts sous une pluie qui ne cessera quasiment pas, l’habitacle s’est transformé en écope et se remplit d’eau. Elle n’entre pas tant par le haut, protégé par la carrosserie aérodynamique et le double saute-vent, que par son plancher béant et remonte partout. Le compartiment moteur ruisselle, provoquant courts-circuits dans l’allumage et problèmes de carburation.

La voiture hoquette, pétarade avec violence, son moteur coupe et reprend, crachant des salves de fumée blanche, provoquées par l’eau qui pénètre dans les cylindres par les trompettes d’admission et ressort en vapeur par le pot d’échappement. A chaque arrêt, contrôle ou ravitaillement, un nuage de vapeur enveloppe la 290 n°600 comme si une locomotive se cachait sous sa carrosserie. Fangio encaisse et se bat mais, faute d’une machine à la hauteur de son talent, ne peut rien faire. Ni rouler à l’allure de Castellotti dont il voit, à chaque pointage, grandir l’avance sur les tableaux de chronométrages ; ni même à rattraper ses équipiers sur leurs 860 Monza, Peter Collins (associé au photographe Louis Klemantaski) sur le châssis n°0628, numéro de course 551, et Luigi Musso, châssis n°0602M, numéro de course 556. Tout au plus, à la faveur de prouesses d’équilibriste, l’Argentin parvient-il à accrocher la 4ème place derrière eux.

 

UN DÉMON SORTI DU BROUILLARD

 

Victime d’une sortie de piste avec sa Maserati et voyant arriver après quelques minutes Fangio et la n°600, Stirling Moss dira quelques années plus tard qu’il avait, ce jour là, « vu surgir le démon du brouillard » ; en référence aux bruits de la voiture et aux gerbes de fumée et d’eau qu’elle projetait au cœur de l’averse !

Quatrième et déçu, Fangio reçoit cependant les félicitations appuyées d’Enzo Ferrari qui sait ce que le déjà triple champion du monde de Formule 1 vient d’accomplir. Un authentique exploit sans couronne, avec la pluie pour seul témoin.

 

LA PREMIÈRE OFFICIELLE DE PHIL HILL

 

La deuxième sortie de 0626, lors des 1000 km du Nürburgring, est à peine plus brillante que la première. Elle est confiée par Ferrari à un équipage inédit : Phil Hill et Alfonso « Fons » de Portago. Hill a déjà beaucoup gagné avec des voitures de la marque aux Etats Unis. En Europe, il a également partagé le volant de la 340 MM (châssis n°0324 AM) de Luigi Chinetti aux 12 Heures de Reims en 1953. Mais cette épreuve sur le Ring a pour lui une saveur particulière : c’est sa première course au volant d’une Ferrari officielle en Europe. Une joie de courte durée…

S’il partage pour ces 1000 km son baquet avec Ken Wharton, ce dernier ne s’y installera jamais : dès le premier relais, Hill doit céder la voiture à leurs aînés, De Portago et Gendebien, pilotes au statut plus élevé dans l’écurie italienne (le règlement autorise alors ce genre de pratiques). Leur 290 MM (châssis n°0628) a en effet été disqualifiée dès le premier tour de l’épreuve après que l’Espagnol ait été poussé par des commissaires pour revenir en piste suite à une excursion dans les bas-côtés. La troisième place à l’arrivée est une bien maigre consolation pour Hill qui n’a fait que quelques tours.

 

LA 290 MM, CHAMPIONNE DU MONDE 1956

 

Pour la dernière épreuve du championnat du monde Sport 1956, qui se tient le 12 août sur la piste de Råbelöv, près de Kristianstad, au sud-est de la Suède, 0626 tiendra mieux son rang. Råbelöv est un circuit routier étroit mais rapide, alternant les courbes de différents profils sur 6,357 km. Un profil varié, parfaitement adapté à la vivacité et à la puissance de la 290 MM.

L’enjeu de cette épreuve de 1000 km est capital. Même si Ferrari possède un léger avantage au classement général, la Scuderia, comme Maserati, peuvent chacun encore prétendre au titre. L’écart est infime, la couronne ira au gagnant.

Chaque équipe a envoyé cinq voitures sur place, et recruté le double de pilotes. Parmi les recrues de Ferrari, un jeune aristocrate allemand, le comte Wolfgang von Trips. Associé à Peter Collins, il fait ses débuts de pilote officiel sur notre 0626. Après une course sans faute, Collins et Von Trips terminent à la deuxième place, derrière l’autre 290 MM, châssis n°0606, de Hill et Trintignant. Les Maserati ont abandonné. Ferrari est champion du monde grâce à la 290 MM.

 

ENFIN LA VICTOIRE POUR 0626 !

 

En janvier 1957, la 290 est définitivement débarrassée de ses soucis de jeunesse. Le châssis 0626 est au départ de la première épreuve du championnat du monde des Voitures de Sport en Argentine pour les 1000 km de Buenos Aires. C’est l’usine qui l’a engagée et confiée à la paire Masten Gregory-Cesare Perdisa. Mais, une fois encore, l’équipage d’origine doit faire de la place dans le cockpit à des aînés en difficultés. Eugenio Castellotti a endommagé une roue de sa 290 S (version de la 290 dotée d’un moteur plus puissant -330 ch au lieu de 320- qu’il partage avec Luigi Musso), dès le premier tour. Il prend donc le volant aux côtés de Gregory et Perdisa –condamnant ce dernier au rôle de simple spectateur. Ce jeu de baquet musical sera profitable à 0626 qui va décrocher à l’issue des 1000 km de course, sa première victoire internationale -en fait la seule.

 

UNE PIÈCE MAJEURE DE LA COLLECTION BARDINON

 

Après cet épisode, 0626 ressort à quelques reprises pour disputer d’autres épreuves du championnat du monde Sport 1957, au Portugal puis en Belgique, finissant à chaque fois deuxième.

Elle s’embarque ensuite pour l’autre côté de l’atlantique, finir sa saison à l’occasion de la « Semaine de la Vitesse » de Nassau aux Bahamas. Mais le talentueux pilote auquel elle est confiée, le suédois Joachim Bonnier, n’en tire pas grand parti : quatre courses, aucun podium.

Après une fugitive apparition au Grand Prix de Cuba, elle rejoint les Etats-Unis pour quelques courses locales, mais entame bien vite sa retraite aux mains de collectionneurs américains.

Elle reste là-bas jusqu’en 1970 quand Pierre Bardinon en fait l’acquisition. Le Français ajoute ainsi une pièce supplémentaire à son immense collection, alors la plus grande et la plus belle du monde, stationnée sur son circuit du Mas du Clos. Amateur rigoureux, Bardinon fait alors complètement restaurer 0626, afin de lui redonner la forme et les couleurs de sa configuration des Mille Miglia 1956. Au fil de ses participations en championnat du monde, 0626 avait en effet reçu de nombreuses modifications, retouches et réparations qui l’avaient dénaturée.

 

L’ACTUEL PROPRIÉTAIRE EN ATTEND BEAUCOUP…

 

Après 34 années passées dans la Creuse, entrecoupées de nombreuses escapades en guest-star sur les circuits européens, 0626 a quitté le musée de Pierre Bardinon en 2004 quand il l’a cédée en 2004 au Britanique Ronald Stern. Celui-ci lui a offert une ultime cure de jouvence qui a duré un an. Puis il s’est régalé quelques temps à son volant. Il a décidé à son tour de s’en séparer.

0626 sera la vedette d’une exceptionnelle vacation organisée par la maisons de vente RM-Sotheby’s à New York le 10 décembre. Placée dans les dernières pages du catalogue (lot n°221) au milieu de plusieurs autres perles rares, l’auctioneer et le propriétaire en attendent des enchères supérieures à 30 millions de dollars. Le prix de l’histoire, la première. Celle de ce petit matin du 28 avril 1956 quand, à 6 heures, sous un ciel lourd, Fangio prit le départ des XXIIIème  Mille Miglia du haut du podium installé à Brescia, Viale Rebuffone. Et fila comme un démon à la poursuite de Castellotti que jamais il ne rattrapa…

POUR EN SAVOIR PLUS…
.Le site de RM-Sotheby’s

.Le catalogue de la vente RM-Sotheby’s du 10 décembre prochain.

 

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