Le manque de compétitivité de la Maserati 250F n’est pas la seule raison de son retrait. A 47 ans, Fangio est fatigué de se battre, fatigué de voir ses amis disparaître. L’envie et le plaisir ont cédé la place à une profonde mélancolie (copyright archives AgrippA-mediA /// archivio Pirelli)

Le manque de compétitivité de la Maserati 250F n’est pas la seule raison de son retrait. A 47 ans, Fangio est fatigué de se battre, fatigué de voir ses amis disparaître. L’envie et le plaisir ont cédé la place à une profonde mélancolie
(copyright archives AgrippA-mediA /// archivio Pirelli)

FANGIO : “È FINITO”, “C’EST FINI”

SURGIE DE NOS ARCHIVES, UNE IMAGE EXCEPTIONNELLE RACONTE LES GRANDES HEURES DE L’AUTOMOBILE. C'EST "TRÉSOR D'ARCHIVES".

CETTE SEMAINE, EXTRAIT DES MAGNIFIQUES ARCHIVES DU MANUFACTURIER DE PNEUMATIQUES PIRELLI, UN INSTANTANÉ DU GRAND PRIX DE FRANCE 1958. JUAN MANUEL FANGIO DESCEND POUR LA DERNIÈRE FOIS DE SA VOITURE. À L'ARRIVÉE, IL MET FIN À SA CARRIÈRE, DIX ANS APRÈS L’AVOIR COMMENCÉE EN GRAND PRIX, ICI-MÊME À REIMS.

6 juillet 1958, circuit de Reims, Grand Prix de France, 6ème manche du championnat du monde. Nouveau passage aux stands pour Juan Manuel Fangio dont la Maserati 250F est victime de problèmes d’embrayage. Pour la première fois de sa carrière, le Champion des Champions roule loin derrière les premiers. Son immense talent ne suffit plus à compenser le manque de performances d’une monoplace dépassée.
La Maserati 250F n’est plus compétitive. Apparue la saison précédente, l’évolution du modèle, équipée d’un moteur V12, est mal née. En une seule séance d’essais, lors du Grand Prix de Monaco 1957, Fangio a compris qu’il n’avait rien à en attendre. C’est donc avec l’ancien modèle, équipée du 6 cylindres en ligne, qu’il doit affronter en 1958 une concurrence désormais hors de portée.
Quelques mois plus tôt pourtant, l’Argentin et la Maserati 250F formaient un duo éblouissant. La couronne mondiale qu’il avait décrochée fin 1957, la cinquième, n’avait jamais semblé pouvoir lui échapper. Mais la roue a tourné pendant l’intersaison : les difficultés financières auxquelles faisait face Maserati se sont amplifiées et ont compromis le nécessaire développement d’une nouvelle voiture. Dans le même temps, Ferrari, Vanwall, Cooper, ont vu leurs performances progresser.

 

LA SAISON DE TROP

 

Juan n’a couru qu’un Grand Prix depuis le début de la saison 1958 -le premier, chez lui, en Argentine. Ce Grand Prix de France est le second et arrive six mois plus tard. Entre les deux, s’il a refait les gros titres, c’est parce qu’il a été enlevé par des rebelles castristes le 23 février alors qu’il s’apprêtait à participer au Grand Prix “Sport” de la Havane. Il a ensuite, début mai, tenté de se qualifier aux 500 Miles d’Indianapolis (sans y parvenir au volant d’une Kurtis Kraft peu performante). Depuis, rien. Chez Maserati, on sait que le quintuple champion du monde s’est résolu a ne pas défendre son titre mondial et à glisser peu à peu vers la retraite. Mais l’Argentin n’a pas fixé d’échéance.
Ce Grand Prix de France 1958 n’est pas un Grand Prix de plus : c’est un Grand Prix de trop pour Fangio. Pas dans son corps -il est encore, à 47 ans, physiquement un phénomène- mais sa tête et son cœur n’y sont plus. Il est las.
Dans les derniers tours de ce Grand Prix qu’il a vécu comme un calvaire, l’Argentin a vu surgir comme un boulet de canon dans son rétroviseur le futur vainqueur, Mike Hawthorn. L’Anglais l’a doublé, puis s’est ravisé et a laissé Fangio repasser. “On ne prend pas un tour à Fangio, on ne prend pas un tour à un tel homme“, dira Hawthorn à ses amis après l’arrivée.
Juan ne se réjouira pas de cette élégance. La ligne d’arrivée franchie, il a serré quelques mains avant de se pencher vers son mécanicien. “È finito“, lui a-t-il glissé, “c’est fini“. Le jeune italien a compris : c’était la dernière du maître. Puis Fangio a filé vers l’hôpital Maison Blanche à Reims.

 

L’ACCIDENT DE TROP

 

Car, alors qu’il bouclait le dixième tour de course, il a vu la Ferrari de son ami Luigi Musso retournée. Grièvement blessé, celui-ci a été immédiatement évacué par hélicoptère. Ce que le quintuple champion du monde ne sait pas encore, c’est que l’Italien est décédé pendant son transfert. Et c’est devant son corps sans vie que l’Argentin s’incline. Une fois de trop.
Alors, quelques heures plus tard, Juan Manuel Fangio, le Champion des Champions, l’homme au regard clair et mélancolique, va confirmer les deux mots lâchés à son mécanicien et officiellement annoncer sa retraite. Dix ans presque jour pour jour après ses débuts en Grand Prix le 18 juillet 1948 sur ce même circuit de Reims.
Dix ans de Grand Prix, cinq couronnes mondiales,  29 pole positions et 24 victoires en 51 départs. Une légende pour l’éternité.

 

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