La Ferrari 250 GTO 1962 (châssis n°3851GT) de la collection Maranello Rosso, achetée par Fabrizio Violati en 1965, vendue aux enchères aux Etats-Unis les 14 et 15 août 2014 avec de nombreuses autres voitures de sa collection. Un record du monde... (copyright archives AgrippA-mediA /// archives Bonhams)

La Ferrari 250 GTO 1962 (châssis n°3851GT) de la collection Maranello Rosso, achetée par Fabrizio Violati en 1965, vendue aux enchères aux Etats-Unis les 14 et 15 août 2014 avec de nombreuses autres voitures de sa collection. Un record du monde...
(copyright archives AgrippA-mediA /// archives Bonhams)


La Ferrari 335 S 1957 de la vacation Artcurial. Incontestablement la vedette de la semaine des ventes parisiennes. A la clef, un record du monde pour une voiture aux enchères. Enfin, tout dépend d'où et à quelle époque l'on se place pour regarder. (archives AgrippA mediA /// archives Artcurial)

La Ferrari 335 S 1957 de la vacation Artcurial. Incontestablement la vedette de la semaine des ventes parisiennes. A la clef, un record du monde pour une voiture aux enchères. Enfin, tout dépend d'où et à quelle époque l'on se place pour regarder.
(archives AgrippA mediA /// archives Artcurial)


VENTES AUX ENCHÈRES AUTOMOBILES,
QUI DÉTIENT LE RECORD ?

VOILÀ UNE SEMAINE QUE DURE LA QUERELLE ENTRE ARTCURIAL ET BONHAMS POUR SAVOIR QUI, DES DEUX MAISONS, DÉTIENT LE RECORD DE LA VOITURE LA PLUS CHÈRE JAMAIS VENDUE AUX ENCHÈRES.

VOICI LA RÉPONSE.

« 32,1 millions d’euros, record mondial absolu pour une voiture aux enchères » affirme en caractères gras le communiqué de la maison française Artcurial diffusé samedi 6 février. La phrase est assortie d’un astérisque qui précise, en bas de la page « Record du monde pour une voiture de collection vendue aux enchères, en euros et en livres sterling. Précédent record : 28,5 millions d’euros/38 millions de dollars, en 2014, aux États-Unis en 2014 ».

« La Ferrari 250 GTO vendue par Bonhams 38,115 millions de dollars en 2014 reste la voiture la plus chère jamais vendue aux enchères. », répond le communique de la maison anglo-hollandaise publié mercredi 10 février, ajoutant, à la phrase suivante « La Ferrari 335 est la voiture la plus chère vendue en Europe mais, en raison de sa valeur en dollars, Bonhams est heureux d’affirmer qu’il détient toujours le record de la voiture la plus chère jamais vendue aux enchères. ».

Les deux messages ont été abondamment diffusés aux spécialistes du secteur, dont vos serviteurs, assorti d’un petit message personnel dans le cas de Bonhams, maison qui soigne toujours sa communication de manière élégante.

Alors qui dit vrai ? Les deux, Mon Colonel…

 

QUAND LA BANQUE CENTRALE EUROPÉENNE SE MÊLE DES ENCHÈRES…

 

La querelle, insoluble, prend sa source dans le lieu d’adjudication, la monnaie de référence et l’évolution du taux de change. Flash-back :

La Ferrari 250 GTO de la collection Violati a été vendue aux États-Unis par Bonhams, en dollars, le 14 août 2014, adjugée 38,115 millions de dollars toutes taxes et frais compris.

La Ferrari 335 S de la collection Bardinon a été vendue en France par Artcurial, en Euros (c’est la loi), le 5 février 2016, adjugée 32,1 millions d’euros, également taxes et frais compris.

Le 14 août 2014, le taux de change euro-dollar était de 1 euro = 1,3378 dollars, soit à l’inverse 1 dollar = 0,7476 euro. Mais depuis deux ans, la Banque Centrale Européenne a rabaissé la valeur de l’euro par rapport à celle du dollar afin de redonner de la compétitivité à nos exportations sur le marché mondial –un marché essentiellement en dollars. Nos produits en euro « trop fort », devenus hors de prix (achetés en dollars), avaient perdu toute compétitivité. Peu à peu, l’on s’est donc rapproché d’une parité pour atteindre actuellement les valeurs suivantes : vendredi 5 février dernier, 1 euro = 1,1158 dollars et, à l’inverse, 1 dollar : 0,8945 euro.

Refaisons maintenant nos calculs…

 

ET AVEC DES BILLETS DE MONOPOLY ?

 

Le 14 août 2014, le prix de la Ferrari 250 GTO adjugée par Bonhams était de 38,115 millions de dollars, soit 28,494774 millions d’euros.

Le 5 février 2016, le prix de la Ferrari 335 S adjugée par Artcurial était de 32,1 millions d’euros, soit 35, 817180 millions de dollars.

Remarque au petits malins : inutile de tenter d’appliquer un correctif pour compenser une quelconque érosion des monnaies, l’inflation est quasi nulle des deux côtés de l’Atlantique. Réduisant pratiquement à zéro les habituelles différences entre valeur courante et valeur constante des monnaies (pouvoir d’achat à un moment donné et pouvoir d’achat comparé entre deux époques).

Chacune des deux Maisons détient donc un record de chaque côté de l’Atlantique, à deux époques différentes.

Et en jouant à “Retour vers le futur” ?

Si l’on applique le taux de change de 2016 à la transaction de 2014, on obtient pour la 250 GTO un prix payé de 38,115 millions de dollars soit 34,16 millions d’euros. Inversement, si l’on applique le taux de change de 2014 à la transaction de 2016, le prix de la 335 S devient 32,1 millions d’euros soit 42,9 millions de dollars. Les victoires se sont inversées. Mais il y en a toujours une partout…

Irréconciliable.

 

CHRISTIE’S, ASSIS AU BORD DU RING

 

L’enjeu ? Moins anodin qu’il n’y paraît. Les maisons de ventes vivent de commissions sur les transactions privées qu’elles organisent parfois, mais surtout de ventes publiques et d’autres commissions qu’elles perçoivent en ces occasions. Prélevées des deux côtés (sur le vendeur comme sur l’acheteur), celles-ci sont négociables. En l’occurrence, il n’est pas impossible qu’Artcurial ait obtenu la vente de la 335 S de la collection Bardinon en renonçant à prélever une commission au vendeur. Un excellent calcul compte tenu de la publicité que la présence de cette voiture majeure, tête d’affiche de la vente, a permis de générer au bénéfice de l’ensemble des lots présentés.

Le duel des communiqués et des phrases en gras entre Artcurial et Bonhams est donc bien plus qu’une querelle de bac à sable. Il est révélateur du combat acharné, sans arbitre, sans règles du jeu –ou si légères, auquel se livre les grands acteurs des ventes aux enchères automobiles dans un marché qui navigue sans visibilité mais de plus en plus vite.

Sur le bord du ring, un spectateur regarde en silence. Christie’s. La maison de vente internationale, propriété du français François Pinault, navigue sur d’autres océans. Elle détient les deux records mondiaux absolus pour des œuvres d’art vendues aux enchères (frais et taxes compris) : 179,36 millions de dollars pour « Les Femmes d’Alger » (version « O », la 15e et dernière) de Pablo Picasso, frappé en mai 2015 à New York, et 170,4 millions de dollars pour le « Nu Couché » d’Amedeo Modigliani, frappé lui aussi à New York, le 9 novembre dernier. Des records qui tiennent quelles que soient la couleur des billets et la date du calendrier.

 

 

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