L’Aston Martin Atom est un prototype roulant construit en 1939 en prévision du Salon de l’Automobile de l’Earls Court à Londres. Du fait du déclenchement de la seconde guerre mondiale, le salon n’avait pas eu lieu. (copyright archives AgrippA-mediA /// archives Bonhams)

L’Aston Martin Atom est un prototype roulant construit en 1939 en prévision du Salon de l’Automobile de l’Earls Court à Londres. Du fait du déclenchement de la seconde guerre mondiale, le salon n’avait pas eu lieu.
(copyright archives AgrippA-mediA /// archives Bonhams)


C’est l’ingénieur en chef d’Aston Martin, Claude Hill, qui avait conçu l’Atom. Elle devait préfigurer les futures Aston Martin, légères et performantes, de conception simple et moderne, industrialisables et rentables. (copyright archives AgrippA-mediA /// archives Bonhams)

C’est l’ingénieur en chef d’Aston Martin, Claude Hill, qui avait conçu l’Atom. Elle devait préfigurer les futures Aston Martin, légères et performantes, de conception simple et moderne, industrialisables et rentables.
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David Sutherland avait mis Aston Martin en vente en passant une petite annonce dans le quotidien britannique The Times. C’est en présentant l’Atom à David Brown qu’il convainc ce dernier d’acquérir la marque. (copyright archives AgrippA-mediA /// archives Bonhams)

David Sutherland avait mis Aston Martin en vente en passant une petite annonce dans le quotidien britannique The Times. C’est en présentant l’Atom à David Brown qu’il convainc ce dernier d’acquérir la marque.
(copyright archives AgrippA-mediA /// archives Bonhams)


L’Aston Martin Atom était initialement équipée du quatre cylindre des modèles 15/98 (1950 cm3 à simple arbre à cames). Le bloc fut remplacé en 1944 par un nouveau moteur quatre cylindres culbuté de 1970 cm3. (copyright archives AgrippA-mediA /// archives Bonhams)

L’Aston Martin Atom était initialement équipée du quatre cylindre des modèles 15/98 (1950 cm3 à simple arbre à cames). Le bloc fut remplacé en 1944 par un nouveau moteur quatre cylindres culbuté de 1970 cm3.
(copyright archives AgrippA-mediA /// archives Bonhams)


L’ASTON MARTIN QUE
JAMES BOND N’A PAS EUE

EN 1946, POUR VENDRE ASTON MARTIN QU’IL NE PEUT PLUS FINANCER, GORDON SUTHERLAND PASSE UNE PETITE ANNONCE DANS LE TIMES ET PRÉSENTE AU SEUL ACQUÉREUR POTENTIEL, DAVID BROWN, UNE VOITURE AU DESSIN PEU AVANTAGEUX : L’ATOM. C’EST POURTANT GRÂCE À ELLE QUE L’AFFAIRE EST CONCLUE ET ASTON SAUVÉ…

C’est une petite auto argentée à la bouille joufflue, maladroitement dessinée. Un gros jouet à l’allure un peu pataude. À l’intérieur, l’habillage de cuir rouge fait ressortir l’accueil un peu spartiate. Du fonctionnel, sans fioriture. Avec les yeux de l’amour, on y décèle le côté génialement art déco qui faisait le succès des Voisin. Mais ça, c’est avec les yeux de l’amour… Pour un regard moins humide, elle redevient un objet roulant anodin. Son badge de calandre fait cependant la différence. La plaque émaillée crème et noire dessine deux ailes et trace en onze lettre et un trait d’union une essentielle différence avec le commun des automobiles : Aston Martin.

Loin de nous l’habitude de boire les étiquettes. Mais, certains noms méritent un peu d’attention. Noblesse oblige. Il faut donc s’arrêter, regarder, comprendre, apprendre ce que ne dit pas spontanément le véhicule et qui est pourtant essentiel : ce scarabée d’argent a sauvé Aston Martin. L’histoire est à la fois simple et magique.

En 1946, Gordon Sutherland, propriétaire d’Aston Martin, met son entreprise en vente. Aujourd’hui les us et coutumes de la planète financière l’obligeraient à confier l’opération à une banque privée qui lui facturerait fort cher un dossier de présentation réalisé par des experts qui, la semaine précédente, auditaient une société de nourriture pour chats. Mais en 1946, les industriels qui remettent l’Europe en route après six années de chaos sont des gens horriblement pragmatiques, d’une parfaite inconscience. Pour trouver le futur propriétaire de sa marque de voitures de sports, Sutherland passe une annonce dans le Times, le quotidien londonien de référence. Et c’est avec une égale inconscience qu’un industriel britannique ayant fait fortune dans les tracteurs, David Brown, lit l’annonce et ose exprimer son intérêt dans une lettre qu’il écrit personnellement (que nos amis lecteurs spécialistes en fusions-acquisitions recommencent à respirer : malgré cette succession d’actes obscènes, l’histoire se finit au mieux des intérêts des protagonistes).

Sutherland prend connaissance du courrier et décide d’aller voir séance tenante l’acquéreur potentiel. Seulement voilà : que prépare-t-on à dîner quand on reçoit un grand chef ? Comment s’habille-t-on quand on va rencontrer un grand couturier ? Et quelle voiture prendre quand on va visiter un passionné d’automobile qui veut vous acheter votre marque ?

Sutherland pourrait être vaniteux. Il va se contenter d’être intelligent.

Au lieu de prendre l’une des prestigieuses « Le Mans » ou « Ulster » qui s’illustrent année après année aux 24 Heures du Mans où elles remportent régulièrement leurs catégories, il avise dans ses ateliers une voiture bien plus modeste. Elle s’appelle Aston Martin Atom. Conçu par l’ingénieur en chef de la maison, Claude Hill, ce prototype roulant devait être présenté sur le stand Aston Martin au Salon de l’Earls Court à Londres en 1940. En raison du déclenchement des hostilités, la manifestation n’a jamais eu lieu. L’Atom a cependant subi une intense campagne d’essais tout au long de la guerre et son compteur affiche en cet été 1946 plus de 150 000 km. L’Atom est le futur d’Aston Martin, Sutherland en est convaincu. Et puisqu’il va parler à un entrepreneur avisé, David Brown, il doit lui parler prospective, développement, mais cela avec pragmatisme. L’Atom n’est pas flamboyante, elle est mieux que cela : elle pose des principes mécaniques et éclaire d’une lumière éclatante le futur de la marque. Ce qui compte ne se voit pas : son châssis moderne et léger supporte un treillis de tubes d’acier carré de différentes sections sur lesquels sont accrochés les panneaux d’aluminium de la carrosserie. Le moteur installé à l’avant est un petit quatre cylindres 1970 cm3 culbuté alimenté par une paire de carburateurs SU et couplé à une boîte électromagnétique Cotal qui rend la conduite souple et économique.

Après quelques minutes de conversation d’homme à homme, David Brown s’installe au volant de l’Atom. Les nombreux kilomètres d’essais réalisés en 1940 et 1944 n’ont pas altéré la qualité de la tenue de route et le comportement dynamique de la voiture, au contraire. Brown est séduit. Quelques semaines plus tard, il confirme à Sutherland son intérêt : il veut acheter Aston Martin. Les négociations commencent. L’accord sera signé en février 1947.

L’Aston Martin Atom a quant à elle vécu une existence un peu tourmentée. Cédée par l’usine, elle passe entre les mains de plusieurs collectionneurs. Elle réapparaît en France en mauvais état, au musée du Mans, puis repart sur son île et trouve refuge dans le garage d’un collectionneur anglais qui, après neuf années de restauration, lui a redonné l’aspect qu’elle avait en 1946.

 

 

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