Henri Pescarolo et Jean-Luc Lagardère. La légende de Matra doit autant à l’un qu’à l’autre. Lagardère, visionnaire, meneur d’hommes. Pescarolo, pilote au-delà du courage, l’audace faite homme. (copyright archives AgrippA mediA /// archives Henri Pescarolo – Michel Pansu)

Henri Pescarolo et Jean-Luc Lagardère. La légende de Matra doit autant à l’un qu’à l’autre. Lagardère, visionnaire, meneur d’hommes. Pescarolo, pilote au-delà du courage, l’audace faite homme.
(copyright archives AgrippA mediA /// archives Henri Pescarolo – Michel Pansu)

PESCAROLO ET LAGARDÈRE :
DEUX LÉGENDES

10 JUIN 1973, MATRA ET L’ÉQUIPAGE HENRI PESCAROLO – GÉRARD LARROUSSE BATAILLENT CONTRE FERRARI POUR LA VICTOIRE AUX 24 HEURES DU MANS. DANS LES STANDS, ALORS QUE L’ÉCURIE FRANÇAISE VIENT DE PRENDRE LA TÊTE DE LA COURSE, JEAN-LUC LAGARDÈRE DONNE SES INSTRUCTIONS À HENRI PESCAROLO. INUTILES CONSEILS D’UN PRINCE À SON GLADIATEUR...

L’homme de gauche a mis son casque vert et enfilé ses gants. Le voilà dans la voie des stands, au bord de la piste, sur le circuit des 24 Heures du Mans. Il attend l’arrêt de son coéquipier pour prendre son tour derrière le volant.

Pendant ces quelques minutes qui paraissent toujours une éternité tant la tension est intense, l’homme de droite, celui qui n’a pas de casque, s’est approché pour lui parler. Le casque, l’homme de droite n’en porte pas. Il aimerait bien le mériter, mais ce n’est pas son métier. Son habit de lumière à lui, c’est un blouson brodé « Matra ». Quand on est Pdg, cela suffit. Souvent pourtant, l’homme de droite échangerait bien son titre et son blouson contre la combinaison et le casque de l’homme de gauche. Rien que quelques minutes pour ressentir l’ivresse de la victoire, le parfum unique dont la gloire sportive, absolue, universelle, vous enveloppe. Car il gagne, l’homme de gauche. Beaucoup et souvent. C’est même lui le tenant du titre aux 24 Heures du Mans en cette année 1973. Les 24 Heures, après plusieurs échecs, il les a en effet accrochées à son palmarès pour la première fois douze mois auparavant associé à un autre champion, un Anglais du nom de Graham Hill. Tous les deux, ils ont survolé l’épreuve. Rapides, constants, inaccessibles. Malgré cela, il en a besoin, l’homme de droite, de parler à son gladiateur, de lui donner des conseils…

D’abord parce que c’est lui le chef et qu’un chef, ça parle, ça ordonne, ça montre la direction. Pourtant, sur un circuit comme Le Mans, la direction c’est un peu toujours la même : on tourne souvent le volant à droite et quand on a les roues droites, c’est à fond. Mais le chef, il a quand même besoin de donner ses consignes. Comme ça, il existe même quand il n’a plus grand chose à faire. Ce qui pour l’heure est plutôt le cas.

Par bribes, au cœur du tumulte, entre les voitures qui passent à quelques mètres en échappement libre et la foule qui siffle, hurle et claironne, l’homme casqué a saisi quelques mots, ponctués par d’amicales pressions de la main droite du chef sur son épaule –car le chef à besoin de toucher son gladiateur pour bien montrer qu’il est à la fois son maître et son ami. Entre deux hurlements mécaniques, donc, les oreilles casquées ont cru entendre « gagner », « confiance », « tableau de marche ». Il a hoché la tête. On hoche toujours la tête quand le chef parle, même si l’on n’écoute pas…

La tête casquée est ailleurs, pas face au chef, pas dans ce pit-lane : dans la voiture, avec son pote Gérard Larrousse qui est installé en tête de la course. Depuis le départ, hier, Gérard et lui ont piloté leur Matra à une cadence infernale, lancés à la poursuite des Ferrari officielles. Certes ils ont roulé en respectant parfaitement la cadence décidée avec les ingénieurs avant le départ. Mais c’était vite, très vite. Car c’est désormais cela, les 24 Heures du Mans : une course d’Endurance disputée à un rythme de Grand Prix. D’ailleurs, les pilotes sont les mêmes : un dimanche en monoplace, le suivant en Proto. Mêmes talents, même prise de risque, mêmes écuries. Seules les machines et la distance changent. Le champagne ou la coupe d’amertume -c’est selon- ont, eux, les mêmes goûts…

Dans quelques heures, ce sont les bulles dorées de la victoire que dégustera l’homme de gauche. En ce 10 juin 1973, à 30 ans, Henri Pescarolo va monter sur la plus haute marche du podium des 41e 24 Heures du Mans. Sa deuxième victoire consécutive dans la Sarthe.

Dans les mois suivants, l’homme au blouson, Jean-Luc Lagardère, emblématique patron de Matra, confirmera Henri dans son rôle de pilote de pointe de l’équipe en Endurance –alors qu’il l’avait sans ménagement, injustement, viré de son équipe de F1. Et dans ces épreuves au long cours, à coups d’exploits, de performances hors-normes et de records, Pesca bâtira mieux qu’un palmarès unique : il écrira une légende.

 

 

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