José Rosinski au volant d'une Jaguar Type D en 1956. La scène se déroule au Mans devant le garage d'André Carré, père de l'un de ses amis de lycée qui, chaque année à l'occasion des 24 Heures, héberge l'équipe officielle Jaguar. José ne fera pas un mètre avec la voiture. C'est pourtant ce jour-là que va naître sa passion pour la marque... (copyright archives AgrippA mediA /// archives José Rosinski)

José Rosinski au volant d'une Jaguar Type D en 1956. La scène se déroule au Mans devant le garage d'André Carré, père de l'un de ses amis de lycée qui, chaque année à l'occasion des 24 Heures, héberge l'équipe officielle Jaguar. José ne fera pas un mètre avec la voiture. C'est pourtant ce jour-là que va naître sa passion pour la marque...
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José Rosinski a 20 ans. C’est un élève insouciant, marqué par la guerre, qui a du mal à décrocher son bac. Il rêve déjà de course, de nuits dans les Hunaudières, de couronnes de laurier. C’est cette matinée au Mans qui va le persuader d’oser ce grand saut vers l’inconnu. Une décision récompensée par une belle et longue carrière. (copyright archives AgrippA-mediA /// Fonds José Rosinski)

José Rosinski a 20 ans. C’est un élève insouciant, marqué par la guerre, qui a du mal à décrocher son bac. Il rêve déjà de course, de nuits dans les Hunaudières, de couronnes de laurier. C’est cette matinée au Mans qui va le persuader d’oser ce grand saut vers l’inconnu. Une décision récompensée par une belle et longue carrière.
(copyright archives AgrippA-mediA /// Fonds José Rosinski)


Pendant plus de cinquante ans, José Rosinski a piloté, en course ou dans le cadre de son métier de journaliste, les plus belles voitures du monde. Mais il n’a enfin roulé en Jaguar Type D, l’auto qui l’avait fait tomber amoureux de la marque, que quelques mois avant sa disparition. La machine à remonter le temps... (copyright archives AgrippA-mediA /// Fonds José Rosinski)

Pendant plus de cinquante ans, José Rosinski a piloté, en course ou dans le cadre de son métier de journaliste, les plus belles voitures du monde. Mais il n’a enfin roulé en Jaguar Type D, l’auto qui l’avait fait tomber amoureux de la marque, que quelques mois avant sa disparition. La machine à remonter le temps...
(copyright archives AgrippA-mediA /// Fonds José Rosinski)


JOSÉ ROSINSKI,
L’HOMME QUI AIMAIT LES JAGUAR

IL CONDUISAIT COMME IL TRAVERSAIT LA VIE : AVEC ÉLÉGANCE. LE 3 JUIN 2011, IL EST PARTI COMME IL ARRIVAIT TOUJOURS : SUR LA POINTE DES PIEDS. PILOTE, JOURNALISTE, COLLECTIONNEUR, JOSÉ ROSINSKI AURAIT FÊTÉ AUJOURD'HUI, 13 AVRIL 2016, SON 80e ANNIVERSAIRE. PETIT SIGNE DE LA MAIN À UN AMI QUI NOUS MANQUE.

Ce jour-là, nous sommes arrivés parfaitement à l’heure sur le circuit du Mans. Une performance inhabituelle. Très souvent – pour ne pas dire à chaque rendez-vous, nous pointions en effet le museau de notre voiture plus tard que prévu. Par un étrange phénomène – je me suis toujours dit qu’il le faisait exprès et s’en amusait sous sa moustache, si José pilotait juste, il copilotait de travers ! Dans le fond, c’était normal : dans une voiture, seul le siège situé derrière le volant l’intéressait -du moins, dans des autos “à potentiel”. Car pour les trajets communs, c’était généralement moi qui conduisais. José prenais alors un malin plaisir à perdre l’éternel provincial que je suis à la sortie de Paris, tantôt en essayant de nous extirper d’un embouteillage, tantôt pour prendre un raccourci que jamais nous ne trouvions.

Notre ponctualité du jour était motivée. Nous venions essayer une voiture qui sortait des ateliers de restauration ATS au Mans : une Jaguar Type D de 1954, châssis n°XKD 502, célèbre voiture de l’Écurie Écosse. José n’aurait pour rien au monde manqué cette rencontre. Ni la fatigue, ni la douleur qui l’assaillait alors de plus en plus souvent ne l’auraient empêché d’être là. 48 heures auparavant pourtant, son dos lui faisait encore souffrir le martyre. Mais ce 22 juillet 2010, il l’attendait depuis cinquante-quatre ans…

Au fil de ses deux vies – sa carrière de pilote dès 1957, celle de journaliste à partir de 1962 avec le lancement du magazine Sport Auto, José a conduit avec entrain tout ce que le monde automobile a produit de bêtes de course ou de belles de route. Très tôt, il a eu pour Jaguar les yeux de l’amour et cette passion va aller grandissante. Elle est née en 1956 dans un garage du Mans. Très exactement le 30 juillet.

 

SOUDAIN, DANS LA RUE, TOUT BASCULE

 

Ce matin-là, au centre de la bonne ville du Mans, le jeune José, vingt ans, accompagne l’un de ses condisciples d’une boîte à bac parisienne dans le garage de son père, André Carré. L’antre abrite des trésors. Ancien pilote amateur de Jaguar, Monsieur Carré met chaque année ses installations à la disposition de l’équipe officielle anglaise. En ce lundi, le garage est bourré à craquer de Type D, notamment celle de l’équipage Flockhart-Sanderson qui a remporté les 24 Heures la veille. Faute de place dans les locaux, il a fallu garer dans la rue un autre exemplaire, celui de Paul Frère, accidenté au début de la course, mais qui, après quelques coups de marteaux, est prêt à regagner la Grande-Bretagne par la route (une tradition à l’époque). Pour José, la tentation est trop forte : d’un bond, il saute au volant. Jean-Pierre, le fils de la maison, immortalise l’instant. Un autre bond, le voilà hors du cockpit. La scène n’a duré que quelques secondes, mais elle va conditionner toute son existence. « C’est sans doute ce moment qui a fait basculer ma vie. Cela couvait depuis longtemps. J’ai compris que je voulais vivre dans la course, pour la course et au volant d’une Jaguar… », raconta un jour José. Pour les Jaguar, il faudra attendre un peu. L’apprenti pilote va devoir faire ses classes au volant de plus modestes montures. Et de Type D, il ne sera jamais plus question… jusqu’à ce 22 juillet 2010.

 

54 ANNÉES D’AMOUR INSATISFAIT

 

Dans le paddock du circuit Bugatti, la belle qui nous attend est éblouissante dans sa livrée « bleu Ecosse », parements blancs sur le museau. José est ému. Voilà cinquante-quatre ans qu’il attend ce moment. Cinquante-quatre années pendant lesquelles il a tout essayé, tout piloté, tout conduit, aux côtés de ses meilleurs adversaires et amis comme Bernard Consten ou Henri Grandsire. De la Ferrari 250 GTO à la Porsche 962 en passant par les plus belles Aston Martin, les italiennes, les françaises, les allemandes les plus désirables, il est sans doute le Français qui a touché le plus de volants pendant une carrière exceptionnellement longue (José est né en 1936). Mais il n’y a jamais eu de Type D à son tableau de chasse. Jamais il n’a eu l’occasion de prendre le volant de celle par laquelle tout a commencé. Il enfile une paire de gants de conduite en cuir et tricot, ajuste ses Ray-Ban « aviator » d’époque, visse sa casquette, boucle le blouson de sa chère « Amicale Jaguar » et actionne enfin le démarreur. Le six-cylindres en ligne s’ébroue. Déjà mis en température par le mécanicien qui a fait quelques tours du Bugatti, il a la voix forte et claire. Délaissant la piste, José part vers Mulsanne et Indianapolis, portions mythiques du grand circuit qui, en dehors de la semaine de course, ne sont que des secteurs de nationale ouverts à la circulation. L’équipage fait grand effet. Beaucoup d’automobilistes s’arrêtent, l’échappement « viril » met du monde aux fenêtres. La journée d’essai ne sera qu’une longue suite de plaisirs, d’allers-retours savamment calculés pour se faire sans trafic. Au soir, après une centaine de kilomètres couverts et quelques milliers d’images prises, José gare la D dans Indianapolis. Longtemps, au soleil couchant, il reste assis là, silencieux à son volant. Puis s’offre encore deux derniers allers-retours par gourmandise. Partageant la belle avec l’auteur de ces lignes – si peu, mais il fallait qu’il soit égoïste ce jour-là !

 

LE DÉBUT ET LA FIN

 

Quand il tourne une dernière fois la clef pour couper le contact, un sourire reste longtemps sur son visage. Pendant quelques heures, la « longue maladie » l’a laissé en paix. Il reste là, assis, comme s’il voulait retarder le plus possible le moment d’abandonner ce cockpit. Puis il s’extirpe du petit baquet de cuir – moins vite que cinquante-quatre ans plus tôt. Quelques jours plus tard, avant que nous n’allions déguster une tête de veau au Petit Marguery, ce restaurant parisien qu’il affectionnait tant, il passa au bureau dicter son papier (José Rosinski était un homme de stylo…). Je pris plaisir à taper sous sa dictée ce qui, nous ne le savions pas, serait son dernier essai. Ironie du destin, hasard de la vie, tout était né avec la Type D, la Type D refermait le livre. Refermé avant d’avoir été écrit jusqu’au bout. Entre deux rallyes, au volant de sa Dino 246 (il avait attendu d’avoir 74 ans avant de s’offrir en 2010 ce plaisir de jeune homme, infidélité italienne dans sa collection comportant essentiellement des Jaguar), il lui restait des projets éditoriaux et beaucoup d’envies. Notamment un album que nous lui avions proposé et qui devait s’intituler « Les voitures de ma vie », racontant ses aventures mécaniques, sur les circuits et en-dehors. Et puis il y avait des essais à faire pour un nouveau magazine que nous préparions avec lui. Le premier fut programmé séance tenante : « Si tu en es d’accord, nous allons faire la seule berline qui mérite la Une du nouveau journal », avait-il lâché : « la Jaguar MkII ». Forcément.
POUR EN SAVOIR PLUS…
.L’essai par José Rosinski de la Jaguar Type D

 

 

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