Mai 1958, la Maserati 450S Coupé Costin sort des ateliers de la marque à Modène comme un papillon d’une chrysalide : le prototype rouge de compétition est devenue une GT noir de luxe. (copyright archives AgrippA-mediA /// archivio Maserati /// D.R.)

Mai 1958, la Maserati 450S Coupé Costin sort des ateliers de la marque à Modène comme un papillon d’une chrysalide : le prototype rouge de compétition est devenue une GT noir de luxe.
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Le volant est passé de droite à gauche, le cuir habille l’habitacle, l’échappement a été travaillé pour atténuer le rugissement du V8 4,5 litres et rendre la voiture utilisable au (quasi) quotidien. (copyright archives AgrippA-mediA /// archivio Maserati /// D.R.)

Le volant est passé de droite à gauche, le cuir habille l’habitacle, l’échappement a été travaillé pour atténuer le rugissement du V8 4,5 litres et rendre la voiture utilisable au (quasi) quotidien.
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Sans le collectionneur américain Byron Staver qui a demandé à Maserati de lui convertir la bête de course en supercar de route, l’unique Maserati Coupé Costin aurait sans doute été détruite. (copyright archives AgrippA-mediA /// archivio Maserati /// D.R.)

Sans le collectionneur américain Byron Staver qui a demandé à Maserati de lui convertir la bête de course en supercar de route, l’unique Maserati Coupé Costin aurait sans doute été détruite.
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Le Mans, juin 1957, vérifications techniques des concurrents de la 25e édition des 24 Heures. La public découvre Moss et son coupé Maserati aux formes rondes. « Il Mostro » (Le Monstre) entre dans l’histoire. (copyright archives AgrippA-mediA /// archivio Maserati /// D.R.)

Le Mans, juin 1957, vérifications techniques des concurrents de la 25e édition des 24 Heures. La public découvre Moss et son coupé Maserati aux formes rondes. « Il Mostro » (Le Monstre) entre dans l’histoire.
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Parti prudemment, Moss remonte rapidement vers la tête de la course. Il double ici la Ferrari 500 TRC de l’Ecurie Francorchamps de Jacques Swaters, confiée à Lucien Bianchi et Georges Harris. (copyright archives AgrippA-mediA /// archivio Maserati /// D.R.)

Parti prudemment, Moss remonte rapidement vers la tête de la course. Il double ici la Ferrari 500 TRC de l’Ecurie Francorchamps de Jacques Swaters, confiée à Lucien Bianchi et Georges Harris.
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MASERATI 450S COUPÉ COSTIN :
LE PREMIER MONSTRE DU MANS

ON ÉVOQUE SOUVENT LES « MOSTRO » (LES « MONSTRES »), LES TROIS COUPÉS MASERATI TIPO 151 MYTHIQUES ENGAGÉS AUX 24 HEURES DU MANS 1962. MAIS ON OUBLIE QU’EN 1957, LE MANS AVAIT DÉJÀ ACCUEILLI UN « MOSTRO » MASERATI. CONSTRUIT À L’INITIATIVE DE STIRLING MOSS, IL AVAIT CRÉÉ LA SENSATION…

Essais du Grand Prix de Suède des Voitures de Sport, samedi 4 août 1956. Le jeune Stirling Moss regarde avec circonspection l’étrange monture que Maserati lui demande de piloter. Garée devant les box du circuit de Kristianstad, il s’agit d’une barquette 350S (châssis n°3501, renuméroté 4501) qui a été torturée, écartelée, pour que les motoristes puissent y installer un nouveau 8 cylindres en V de 4,5 litres de cylindrée. Le groupe motopropulseur est tellement imposant que le capot de la voiture s’orne d’un énorme bosselage qui empêche au pilote de voir l’aile avant gauche ! La bête est frappée d’un gros « T » noir à la place du numéro de course, pour indiquer qu’elle est la voiture de réserve de l’écurie.

En fait, elle est à peine terminée et n’a que quelques kilomètres de rodage au compteur. Après quelques tours, Moss, qui en a pris le volant, décide de ne pas l’utiliser. Cependant il a été impressionnés par le V8…

De retour en Italie, la mise au point de la 450S peut vraiment commencer. Un châssis neuf est construit (lui aussi numéroté 4501 !), plusieurs blocs sont assemblés, et la campagne modénaise résonne des rugissements du V8 lors d’essais qui se poursuivent pendant tout l’automne 1956. Rendez-vous est donné à Moss et Fangio, qui a rejoint l’écurie Maserati, pour le premier Grand Prix « Sport » de la saison 1957. L’Argentin va y rouler sur ses terres : il s’agit des 1000 km de Buenos-Aires qui ont lieu le 20 janvier 1957.

Fangio s’y présente en grande forme : la semaine précédente, il a remporté sur le même circuit la course de F1 au volant de sa Maserati 250F ! Aux essais, il fait un festival et décroche la pole position 2,3 secondes devant la meilleure Ferrari sur le très rapide tracé de 3,912 km ! Moss est impressionné : il sait son partenaire très doué (Fangio est déjà quadruple champion du monde de F1), mais quand même ! Face à eux dans les autres voitures rouges, il y a les autres meilleurs pilotes du monde : Collins, Hawthorn, Von Trips, Musso, Castellotti, De Portago, Gregory,… et ils ne valent pas 2,3 secondes de plus au tour ! L’Anglais saisit vite : cet écart qui vient subitement de se creuser tient en grande partie aux qualités de leur nouvelle voiture.

 

FANGIO, COMME UN OBUS EXPULSÉ D’UN CANON

 

La 450S est tellement monstrueuse, surpuissante, que Fangio –pourtant guère impressionnable- la surnomme le « Bazooka » ! « A chaque fois que j’enfonçais l’accélérateur », dira-t-il plus tard, « j’avais l’impression d’être un obus expulsé d’un canon ! ». Le moteur, qui  pousse allègrement l’aiguille des bancs d’essais au-delà des 400 chevaux, permet à la 450S d’accrocher les 300 km/h en piste.

En course, ils roulent en tête jusqu’au 57e tour, puis abandonnent en raison d’une défaillance de leur embrayage qui s’use trop vite et peine à transmettre toute la puissance disponible. Mais une idée a germé dans le cerveau de ce malin de Moss : pour les 24 Heures du Mans, il veut une 450S fermée, un coupé, pour aller encore plus vite dans les portions rapides –en particulier les Hunaudières, ce qui est la clef de la victoire.

Maserati et Giulio Alfieri son ingénieur en chef comprennent l’intention, mais n’ont ni les ressources humaines, ni les moyens financiers, pour mener ce projet en parallèle de leurs deux engagements prioritaires : d’une part le championnat du monde de Formule 1 dans lequel Fangio court avec la 250F pour son cinquième titre, d’autre part, le championnat du monde des Marques que Maserati veut –et peut- décrocher pour la première fois de son histoire grâce à la barquette 450S. Pas le temps donc de se disperser.

Qu’à cela ne tienne, Moss appelle à la rescousse un ingénieur aéronautique britannique, Frank Costin. Costin (frère de Mike qui s’apprête à fonder Cosworth avec Keith Duckworth en 1958), met depuis plusieurs années l’expérience acquise chez De Havilland Aircraft au service de l’automobile. Colin Chapman, le créateur de Lotus, s’appuie lui-même sur ce consultant d’élite qui va créer pour lui la carrosserie de la Mk VIII puis, en 1956, celle des Vanwall de F1 (Chapman avait été chargé par Tony Vandervell de construire les monoplaces de son écurie de Grand Prix).

Costin se met au travail. Il dessine une voiture tout en rondeur et envoie sa copie à la Carrozzeria Fantuzzi à qui Maserati à demandé de réaliser la carrosserie –comme elle le fait pour la majorité de ses voitures de course. Mais après quelques jours, Fantuzzi décline : il n’a pas le temps. Le projet part alors chez Zagato qui ne réalise pas la plus belle œuvre de sa carrière, prenant quelques libertés avec les esquisses de Costin. Dans la précipitation, la partie inférieure du châssis n’est pas habillée comme cela avait été prévu.

Moss voudrait participer au Mille Miglia le 12 mai, mais la fédération italienne ne peut homologuer la voiture si vite. Il faut se contenter de quelques roulages sur la route à Modène avant le départ pour Le Mans.

 

OBJECTIF : REMPORTER LES 24 HEURES DU MANS

 

Dans la Sarthe, Moss attire tous les regards lorsqu’il se présente avec l’énorme coupé rouge au « pesage » (le nom donné aux vérifications techniques des 24 Heures). Sur la feuille d’engagement de la 450S « Coupé Costin » immatriculée BO 66967 qu’il tend aux commissaires, trois noms : Juan Manuel Fangio, Harry Schell et le sien. Un équipage clairement composé pour gagner. Aux essais, la voiture crée la sensation autant par ses performances (elle roule dans le groupe de tête), que par le vacarme de son V8 en échappements libres qui sonne encore plus fort que celui des barquette 450S. La presse et le public trouvent un surnom à cet obus rouge vif : “Le Monstre”, « Il Mostro » en italien.

Au baisser de drapeau, samedi 22 juin 1957, les concurrents de la 25e édition des 24 Heures du Mans s’élancent à une cadence de Grand Prix. La Ferrari 335S d’Hawthorn et Musso prend le commandement, poursuivie par la barquette Maserati 450S de Behra et Simon. Moss, qui est parti prudemment au volant du coupé, remonte tour après tour vers les voitures de tête. Après une heure de course, la Ferrari s’efface et la barquette Maserati mène le bal, flanquée maintenant de Moss. Mais derrière eux, les Jaguar se font de plus en plus pressantes. Le duo au Trident va contenir ses poursuivants encore une heure avant de céder le commandement à la Type D de Flockhart et Bueb (qui y restera jusqu’à l’arrivée).

Les pilotes Maserati abandonnent le commandement… mais aussi la course ! La 450S de Behra et Simon stoppe à la suite d’un accident au 28e tour. Moss, qui est toujours au volant du coupé, s’arrête lui aux stands à la fin du 32e tour, transmission cassée. Il ne repartira pas.

Rapatrié vers Modène, le coupé 450S qui avait été spécialement conçu pour Le Mans ne courra plus. Il va cependant échapper à la destruction, sauvé par un amateur américain, Byron Staver. Début 1958, celui-ci demande à Maserati de lui convertir le Coupé Costin en GT de route. Pour 8500 dollars de l’époque, il obtient satisfaction. Fantuzzi (qui cette fois a le temps) retravaille la carrosserie, fait passer le volant passe de droite à gauche, l’intérieur est habillé de cuir et, à l’extérieur, une belle laque noire vernie remplace la peinture rosso corsa (c’est dans cette livrée que vous pouvez admirer désormais le Coupé Costin 450S aux Etats-Unis où il est régulièrement la vedette des réunions de voitures historiques).

Mais ce n’était pas la fin des Mostro. Il en sera dès 1962 au Mans à nouveau question…

 

POUR EN SAVOIR PLUS :

.L’histoire de la Maserati 450S, 1e partie

.L’histoire de la Maserati 450S, 2e partie

 

 

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