William Grover-Williams, premier vainqueur du Grand Prix de Monaco, le 14 avril 1929, au volant de sa Bugatti 35B (immatriculée en France), de couleur vert foncé, dite « British Racing Green » (« BRG »). Teinte qu’il a popularisée parmi les pilotes britanniques. Bien plus qu’un pilote de course : un héros de la seconde guerre mondiale. (copyright archives AgrippA mediA /// archives Automobile Club de Monaco)

William Grover-Williams, premier vainqueur du Grand Prix de Monaco, le 14 avril 1929, au volant de sa Bugatti 35B (immatriculée en France), de couleur vert foncé, dite « British Racing Green » (« BRG »). Teinte qu’il a popularisée parmi les pilotes britanniques. Bien plus qu’un pilote de course : un héros de la seconde guerre mondiale.
(copyright archives AgrippA mediA /// archives Automobile Club de Monaco)

GRAND PRIX DE MONACO 1929 :
PLUS QU’UN VAINQUEUR, UN HÉROS !

CHAQUE SEMAINE, EXTRAITE DE NOS ARCHIVES OU DES MEILLEURES PHOTOTHÈQUES, UNE IMAGE EXCEPTIONNELLE RACONTE LES GRANDES HEURES DE L’AUTOMOBILE.
C'EST "TRÉSOR D'ARCHIVES".

AUJOURD’HUI, RETOUR VERS LE PREMIER GRAND PRIX DE MONACO, C'ÉTAIT LE 14 AVRIL 1929. SON VAINQUEUR S’APPELAIT GROVER-WILLIAMS. BIEN PLUS QU’UN GRAND CHAMPION : UN HÉROS DE L'ARMÉE DES OMBRES...

Que lit-on dans le regard de cet homme, saisi par le photographe de l’Automobile Club de Monaco ce dimanche 14 avril 1929 ? De la détermination, de la concentration, de la gravité sûrement, de l‘inquiétude peut-être aussi. Les petites rides au milieu du front accentuent cette impression. On pourrait le croire âgé mais il n’a que 26 ans. Il s’appelle William Charles Frederick Grover, mais sur les courses, entre pilotes, sur les programmes, on ne connaît que son pseudonyme, « Grover-Williams », parfois précédé de son prénom usuel, William. Pas un nom de scène, une couverture qu’il s’est donnée pour épargner ce que sa famille prend pour une demie-honte : en Angleterre, le fils d’un éleveur de chevaux renommé ne se commet pas à conduire des automobiles de course.  Alors il a changé de nom. Pas pour son plaisir, mais pour protéger les autres. La double vie, le camouflage, déjà un parfum de clandestinité.

Grover-Williams fait pourtant honneur à cette famille qui ne veut pas de lui : en cette fin d’année vingt, il est l’un des meilleurs pilotes d’Europe –donc du monde. Au volant de sa Bugatti 35B, il a notamment remporté le Grand Prix de France 1928 (sous le nom de « H Williams »). La France, il l’aime et elle l’a adopté d’autant plus facilement qu’il parle parfaitement le français, lui qui est né en 1903 à Montrouge, en banlieue parisienne, où son père s’était alors installé.

 

À MONACO COMME AILLEURS, LA GRILLE DE DÉPART EST TIRÉE AU SORT !

 

Lorsque l’Automobile Club de Monaco a annoncé fin 1928 qu’il créait un Grand Prix en Principauté, Grover-Williams a été logiquement dans les premiers invités –d’autant qu’il vit sur le Rocher. Pour s’assurer la présence des meilleurs pilotes du moment, le promoteur Antony Noghès a proposé d’intéressantes primes de départ. Cette attention est toujours appréciée par les compétiteurs. Car pour toucher les primes d’arrivée, il faut voir le drapeau à damier –ce qui n’est jamais garanti…

Aux essais, Grover-Williams a fait de bons temps. Mais la grille de départ étant tirée au sort (la règle jusqu’en 1932 inclus), c’est le hasard qui a décidé qu’il s’élancerait en deuxième ligne, entre Sandri (Maserati) et Philippe (Bugatti), derrière les trois hommes de tête choisis par cette roulette du tirage au sort (nous sommes à Monaco…), Étancelin, Dauvergne et Lehoux (tous trois sur Bugatti).

Au programme, 100 tours de course, soit 318 km. Grover-Williams va les couvrir avec la régularité d’une horloge -sa Bugatti fonctionnant à la perfection et lui ne commettant aucune erreur- en 3 h 58 mn 11 s. À ses côtés sur le podium de ce premier Grand Prix de Monaco, George Burianu, un pilote roumain sur Bugatti 35C, deuxième, et l’Allemand Rudolf Caracciola, sur Mercedes SSK, troisième.

Grover-Williams, premier de la liste des vainqueurs du plus célèbre Grand Prix de F1 du monde. Performance historique. C’est pourtant pour d’autres actes qu’il faut nous souvenir de lui, pour l’éternité aussi.

 

AGENT SECRET PARACHUTÉ EN FRANCE, CAPTURÉ, MORT EN DÉPORTATION

 

En 1940, Grover-Williams quitte Monaco et la France pour rejoindre la Grande Bretagne et s’engager dans l’armée. Le SOE (Special Operations Executive –les services secrets britanniques) est très vite attiré par sa pratique parfaite de la langue française et ses qualités athlétiques : recruté, entraîné, il est envoyé en France pour aider la résistance à se structurer. Parachuté en zone occupée, il rejoint Paris où il constitue un réseau en s’appuyant sur ses camarades pilotes qui l’avaient rejoint en Angleterre : Robert Benoist et Jean-Pierre Wimille.

Mais à l’été 1943, après trois années de vie et d’actions clandestines, Grover-Williams et Benoist sont arrêtés. Benoist parvient à s’échapper en sautant en marche de la voiture de la Gestapo. Grover-Williams est torturé puis envoyé à Sachsenhausen où il sera, semble-t-il, exécuté le 23 mars 1945. Benoist, reparti en Grande Bretagne, sera parachuté en Bretagne en mars 1944 (en compagnie de Jean-Pierre Wimille). Repris par les Allemands en juin, il est envoyé à Buchenwald où il sera exécuté le 10 septembre 1944.
Wimille est le seul des trois amis à être ressorti vivant des années terribles mais il va les rejoindre prématurément : il se tue lors des essais du Grand Prix d’Argentine le 28 janvier 1949.

Grover-Williams, Benoist, Wimille. Héros sur la piste. Bien plus au-delà.

 

 

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