1957, la Fiat Nuova 500 arrive sur le marché de l’automobile italienne. Elle va jouer les premiers rôles sur le marché de l’automobile -pas seulement en Italie- pendant dix-neuf ans  (copyright archives AgrippA-mediA /// Fonds Montén)

1957, la Fiat Nuova 500 arrive sur le marché de l’automobile italienne. Elle va jouer les premiers rôles sur le marché de l’automobile -pas seulement en Italie- pendant dix-neuf ans
(copyright archives AgrippA-mediA /// Fonds Montén)

FIAT 500, LA PLUS GRANDE
PETITE VOITURE DU MONDE (1/3)

PRÈS DE QUATRE MILLIONS D'EXEMPLAIRES PRODUITS ENTRE 1957 ET 1975 ET PAS LOIN DE QUATRE-VINGTS VARIANTES ! LES FIAT 500 NE SONT PAS RARES, MAIS LEUR COTE GRIMPE. APPRENEZ À LES RECONNAÎTRE ET POURQUOI PAS À CHOISIR LA VÔTRE POUR VIVRE À L'ITALIENNE !

 

On pourrait croire que de sa sortie en 1957 à l’arrêt de sa production en 1975, la Fiat Nuova 500 ne change guère. Hormis les versions break, cabriolet et les carrosseries spéciales œuvres d’artisans ou d’industriels privés, elle conserve les mêmes caractéristiques générales. Du moins à première vue. En réalité, les registres du constructeur identifient près de quatre-vingts versions de la Nuova, qui changent en fonction des années, au gré des évolutions moteurs, retouches intérieures, et des marchés auxquels elles sont destinées ! Chaque millésime est donc différent –et à l’intérieur d’une même année de production, il existe souvent plusieurs variantes. Pour ses acheteurs d’hier et ses amoureux d’aujourd’hui, de subtils détails qui font toute la différence. Carrosseries, moteurs, équipements, embellissements, Fiat a déployé des trésors d’ingéniosité pour que jamais le client ne se lasse de sa « bubble car », comme la surnommaient les Britanniques, et que le réseau commercial puisse constamment renouveler son discours. La recette était bonne puisqu’elle a tenu pendant dix-neuf ans, portant souvent la voiture en tête du palmarès des ventes en Italie ! Elle aurait sans doute duré plus longtemps si la direction n’avait pas décidé qu’il lui fallait une remplaçante, la 126, qui ne lui a d’ailleurs jamais succédé dans le cœur des Italiens.
Lisez ce qui suit et devenez un incollable « pot-de-yaourtologue » !

 

CHAPITRE 1/3 : DE LA NUOVA 500 À LA NUOVA 500 “SPORT”

 

JUILLET 1957
FIAT NUOVA 500
Le pari du minimalisme

013 FEFIAT500 Fiat500 Pub Decouvrable grise sur port en Liguria ROGNEE BDLa toute première Fiat Nuova 500 est à peine une voiture ! Pour économiser la tôle et faire tomber le prix de revient au plus bas, le toit n’est pas en métal : la voiture est découvrable, du haut du pare-brise jusqu’aux prises d’air percées au-dessus du capot moteur. Le reste obéit à la même philosophie : pas d’accastillage, pas d’ornement, pas même d’enjoliveur sur les jantes en tôle ou d’entourage de phare. Rien que du fonctionnel, à la limite de dénuement. Seule concession au « luxe » : une baguette au milieu du capot ! S’il y a deux places à l’avant, n’existe à l’arrière qu’une assise plate recouverte de tissus sur laquelle peuvent éventuellement s’installer deux enfants, voire un adulte aux fesses rembourrées, mais que l’on destine plus sûrement aux transport des bagages. Le toit découvrable est séduisant et permet d’avoir la tête au vent. Heureusement, car les vitres des portes ne s’ouvrent que sur leur triangle avant. Une fois le sympathique effet de surprise passé et la logique attirance générée par cette automobile à la bouille inattendue retombée, les clients rebroussent chemin, repoussés par cette offre trop minimaliste. Certes, la Nuova 500 possède le toit qu’un scooter n’a pas, mais elle n’offre, dans le fond, que deux vraies places et coûte trois fois plus cher que le deux roues. Si les ventes démarrent un peu c’est grâce au moteur quatre temps qui permet à la Nuova de se différencier vraiment d’une moto (la Vespa 400 -une voiture- peinera à se tailler une place sur le marché notamment en raison de son moteur deux temps).

Alerté par le réseau commercial qui est bien loin d’enregistrer les 500 commandes par jour prévues, le bureau d’études de Turin comprend immédiatement qu’il est allé trop loin dans le dépouillement et revoit intelligemment sa copie. Il n’est pas question de repenser la voiture mais, au moindre coût possible, de marquer une vraie rupture avec les scooters, de donner des sensations de confort et de bien-être automobile aux acquéreurs. En quelques semaines, sont mises en fabrication deux versions à la fois mieux équipées et moins chères. L’Economica et la Normale. Cette fois les ventes décollent.

LA FIAT NUOVA 500 1957 D’UN COUP D’ŒIL :

L'un des premiers catalogues publicitaires italiens COPYRIGHT ARCHIVES AGRIPPA-MEDIA /// FONDS MONTÉNChâssis : Tipo 110.000
Moteur : Tipo 110.000
Cylindrée : 479 cm3
Puissance : 13 ch
Vitesse : 85 km/h environ

 

 

 

 

 

 

 

 

NOVEMBRE 1957
FIAT NUOVA 500 « ECONOMICA » et « NORMALE »
La 500 devient une vraie voiture

Une Fiat Nuova 500 Normale COPYRIGHT ARCHIVES AGRIPPA-MEDIA /// FONDS MONTÉNÀ l’automne 1957, quatre mois après le lancement, le catalogue s’enrichit d’une nouvelle  version résolument plus cossue baptisée Normale, tandis que la version initialement lancée gagne quelques équipements et prend, en toute logique, le nom d’Economica. La Normale bénéficie de vitres descendantes, d’une banquette arrière digne de ce nom, de baguettes latérales, d’enjoliveur, d’entourages de phares chromés et de meilleures performances grâce à l’adoption d’un carburateur plus large et, en interne, par l’amélioration de l’attelage mobile (bielles et pistons). L’Economica, pour paraître moins pauvre, bénéficie des améliorations apportées au moteur et adopte la nouvelle banquette arrière.

Fiat accompagne le lancement des deux nouvelles versions d’avantages financiers : la Normale est proposée au prix de l’ancienne version (490.000 lires), et l’Economica descend à 465.000 lires. Dans un magnifique coup de marketing, Fiat propose à ses premiers clients, qui avaient payé la voiture « de base » 490.000 lires, de leur rembourser la différence et en prime de mettre leur auto techniquement à niveau !

Ces premiers embellissements, qui font enfin ressembler la Nuova 500 plus à une voiture qu’à un scooter carrossé, combinés à la nouvelle politique de prix et au remboursement des trop-perçus aux anciens clients, dopent les ventes. Cette fois, les commerciaux n’ont plus de mal à garnir leurs carnets de commandes. Et à l’export, le succès est également au rendez-vous. À Mirafiori, la gigantesque usine Fiat de Turin, on doit ouvrir de nouvelles lignes de production, forcer les cadences. La 500 entre dans l’ère du succès. Il est temps d’ajouter un troisième modèle à la gamme pour l’encanailler.

LES FIAT NUOVA 500 “ECONOMICA” et “NORMALE” 1957 D’UN COUP D’ŒIL :

Le catalogue français des 500 "Economica" et "Normale" de 1957, vendues respectivement sous les références "Standard" et "Export" COPYRIGHT ARCHIVES AGRIPPA-MEDIA /// FONDS MONTÉNChâssis : Tipo 110.000
Moteur : Tipo 110.000
Cylindrée : 479 cm3
Puissance : 15 ch
Vitesse : 95 km/h environ

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JUIN 1958
FIAT NUOVA 500 “SPORT”
Des vitamines dans le yaourt

La Fiat Nuova 500 Sport 1958 <br />COPYRIGHT ARCHIVES AGRIPPA-MEDIA /// FONDS MONTÉNLa popularité des records décrochés par la Nuova 500 préparée par Abarth sur l’Autodromo de Monza à l’hiver 1958 a convaincu Fiat de la pertinence de proposer à sa clientèle une version sportive. Le jeune ingénieur motoriste Giovanni Torazza se remet à sa table à dessins. À partir de l’excellent groupe motopropulseur qu’il a conçu en 1955, il doit, sans affecter la fiabilité, trouver du couple et des chevaux supplémentaires. Il joue sur trois paramètres : la cylindrée, l’alimentation et le régime de rotation. Pour augmenter la cylindrée sur un si petit moteur, difficile d’augmenter la hauteur des cylindres et la course du piston. Le plus facile est d’élargir l’alésage (le diamètre des cylindres). Les quelques cm3 gagnés permettent d’accueillir plus de mélange air-essence dans la chambre de combustion. Celui-ci, en s’enflammant, libérera une plus grande quantité d’énergie. Pour augmenter le débit air-essence dans les cylindres, il applique une recette simple : un carburateur plus gros (un carburateur Weber tipo 26 au lieu du Weber tipo 24 précédent) et des soupapes plus larges. Ainsi, le petit moteur est bien gavé et, grâce à un nouveau vilebrequin et à l’allègement de l’attelage mobile (bielles et pistons), grimpe plus facilement dans les tours (plus de 4600 tr/mn au lieu de 4000 tr/mn auparavant). Côté carrosserie, un toit rigide remplace la capote en toile. Lors des records à Monza, les pilotes des Abarth ont remarqué que la carrosserie souffrait et finissait par se tortiller un peu aux passages sur les raccords des plaques de béton qui recouvrent la piste -notamment dans les virages inclinés de l’anneau de vitesse. Pour améliorer la rigidité de la coque, une plaque métallique a donc été substituée à la capote. Ce qui n’est pas plus mal en matière de sécurité (les ceintures de sécurité ne sont pas encore obligatoires…). Pour bien marquer le caractère sportif de la bestiole, elle n’est proposée qu’en une seule livrée : blanche à bandes et jantes rouges (elles seront couleur aluminium en 1959). Elle a très fière allure et, dans les rues où la majorité des voitures sont de couleurs sombres, fait bel effet. À l’intérieur, pour gagner quelques kilos, la banquette arrière, pourtant sommaire, a disparu. Côté performances, si le compteur affiche un optimiste « 110 », il faut en réalité se contenter de 100 à 105 km/h en vitesse de pointe. Ce qui est fort honorable lorsqu’il s’agit d’arrêter les 770 kg à pleine charge avec quatre petits freins à tambours… Avec la « Sport » aux côtés des versions « Economica » et « Normale », la gamme Nuova 500 est maintenant étoffée. Il est temps pour elle de connaître sa troisième et dernière version de carrosserie : exit la découvrable, voici le toit ouvrant.

LA FIAT NUOVA 500 “SPORT” D’UN COUP D’ŒIL :

Le catalogue publicitaire de la Fiat Nuova 500 "Sport" 1958 <br />COPYRIGHT ARCHIVES AGRIPPA-MEDIA /// FONDS MONTÉNChâssis Tipo : 110.00
Moteur Tipo : 110.004
Cylindrée : 495,5 cm3
Puissance : 21 ch
Vitesse : 105 km/h environ

 

 

 

 

 

 

 

 

CÔTE PORTE-MONNAIE…UN MINI PRIX DÈS SA SORTIE ! Lorsque la Fiat Nuova 500 est présentée au Salon de Paris en octobre 1957, elle est proposée à un prix très attractif, l’un des plus bas du marché français : 345.000 francs. Douche froide pour les constructeurs nationaux ! Et la température de l’eau baisse encore en novembre lorsque Fiat revoit le positionnement de la voiture et propose deux modèle pour doper les ventes (voir ci-dessus le paragraphe « Novembre 1957, Fiat Nuova 500 “Economica” et “Normale”, la 500 devient une vraie voiture »). Dès lors, les deux versions, « Standard » (appelée « Economica » en Italie) et « Export » (« Normale » en Italie) sont facturées respectivement 328.000 francs et 345.000 francs. Un avantage concurrentiel important face à leurs rivales. Celles-ci sont les « microcars » (celles que l’on baptise les « pots de yaourt ») et les modèles d’entrée de gamme des constructeurs tricolores. Mais nos compatriotes seront protectionnistes et continueront à préférer en priorité les Françaises. La France sera cependant l’un des premiers marchés mondiaux de la 500 après l’Italie. Voici, par ordre croissant de prix, l’univers de concurrence au Salon de l’Automobile 1957 :

  • .Isetta Velam : 308.000 francs
  • .Vespa 400 : 345.000 francs
  • .FIAT Nuova 500 : 345.000 francs
  • .Citroën 2 CV A : 374.000 francs
  • .Renault 4 CV : 399.000 francs
  • .Renault Dauphine : 554.000 francs
  • .Simca Aronde berline Deluxe : 595.000 francs
  • .Peugeot 203 berline Luxe : 600.000 francs
  • .Fiat 600 : 643.000 francs
  • .Panhard Dyna berline Luxe : 685.000 francs
  • .Fiat Multipla : 757.000 francs

NOTES : Eléments permettant une meilleure mise en perspective :
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Les prix sont donnés en anciens francs. 100 “anciens francs” deviendront 1 “nouveau franc” en 1960.
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100 “anciens francs” de 1957 équivalent à environ 1,95 euros de 2015 (conversion d’anciens francs courants en Euros constants).
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Le salaire moyen mensuel d’un ouvrier français en 1957 est d’environ 40.000 anciens francs (net), soit l’équivalent d’environ 780 euros 2015 (source « Les salaires de 1950 à 1975 », par Christian Baudelot et Anne Lebeaupin, in Economie et Statistique, n°113, juillet-août 1979).
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En 1957, une baguette de 300 g vaut 28 anciens francs, soit environ 0,55 euros de 2015.

 

 

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