La perfection atteinte dans le clonage par les meilleurs spécialistes européens est telle qu’il est impossible au public –voire parfois aux commissaires techniques- de dire si une voiture est authentique ou pas. Ici une splendide réplique de Maserati Birdcage réalisée par le spécialiste anglais Crosthwaite & Gardiner, qui court régulièrement dans les compétitions historiques européennes. Ce qu’il conviendrait de montrer du doigt est pourtant plus le pilote qui triche avec une voiture modifiée, plutôt que celui qui, en toute légalité, fait courir un clone en compétition. (copyright archives AgrippA mediA /// archives Bonhams)

La perfection atteinte dans le clonage par les meilleurs spécialistes européens est telle qu’il est impossible au public –voire parfois aux commissaires techniques- de dire si une voiture est authentique ou pas. Ici une splendide réplique de Maserati Birdcage réalisée par le spécialiste anglais Crosthwaite & Gardiner, qui court régulièrement dans les compétitions historiques européennes. Ce qu’il conviendrait de montrer du doigt est pourtant plus le pilote qui triche avec une voiture modifiée, plutôt que celui qui, en toute légalité, fait courir un clone en compétition.
(copyright archives AgrippA mediA /// archives Bonhams)

COMPÉTITIONS HISTORIQUES :
LA TENTATION DES FAUSSES VOITURES

QUE CHOISIR : UNE VOITURE DE COURSE AUTHENTIQUE QUE L’ON CONDUIT DU BOUT DES DOIGTS COMME ON MANIPULERAIT UN ŒUF DE FABERGÉ ? OU UNE COPIE QUI, OUTRE SON PRIX PLUS ACCESSIBLE, NE CRAINT PAS D’ÊTRE ÉGRATIGNÉE DANS LES COMPÉTITIONS HISTORIQUES ? TOUS LES GENTLEMEN-DRIVERS SONT UN JOUR CONFRONTÉS À CE DILEMME.

1ère PARTIE : LA TENTATION DES FAUSSES VOITURES

2ème PARTIE : FAUSSES ET USAGES DE FAUSSES

3ème PARTIE : L’ÉCHELLE DE JENKINSON

La discussion se passe il y a quelques jours dans le paddock d’une course de véhicules historiques quelque part en Europe. Un collectionneur-gentleman driver (en tout cas collectionneur-driver) moque la performance d’un autre à l’arrivée de la course  : “Ah, voilà celui qui roule plus vite que Graham Hill dans la même voiture “. L’interpelé bafouille un “c’est pas la voiture de Graham Hill…“, qui appelle une relance du premier, du tac-au-tac, “…ça c’est clair, parce qu’avec la même, tu aurais été loin derrière ! Alors que Hill, avec la tienne, il t’aurait collé cinq secondes au tour ! Facile d’être devant les autres avec une voiture non conforme…“. Nous y étions… Les deux champions du monde de leur quartier ont finalement rompu une joute qui, pour l’un comme pour l’autre, pouvait mal tourner -c’est à dire se finir devant les tribunaux sportifs, voir devant une juridiction civile. Mais la sagesse a repris le dessus et, aucun des deux n’ayant envie que l’on s’intéresse de trop près à son moteur, il ont préféré se tourner le dos -jusqu’à la prochaine fois. On trouve toujours plus malin tricheur que soi…

Cette polémique a, de tout temps, agité les paddocks des courses historiques. Elle tend cependant à s’amplifier. Sans parler de fausses voitures pour ménager les susceptibilités, disons qu’il y a sur les lignes de départ trop de voitures “en état de réalité augmentée” (là, ça va ? l’expression ne froisse personne ?).

Bien sûr il y a le spectacle –qui n’a jamais été aussi beau, sur le Tour Auto, au Mans Classic, à Laguna Seca, à Goodwood. Mais les belles de course qui rugissent au pied des tribunes sentent parfois un peu trop le neuf. Frustrant ceux qui recherchent le doux parfum de l’authentique. Sans parler du légitime agacement des collectionneurs les plus soucieux d’authenticité qui au fil des compétitions, sont relégués en queue de peloton au volant de voitures parfaitement d’époque !

Difficile de le nier, les modèles les plus prestigieux, ceux qui fascinent le public, sont de temps en temps les clones partiels ou intégraux des « vraies voitures » que leurs propriétaires laissent dans la naphtaline pour leur éviter une éventuelle mauvaise fortune de course. Il arrive aussi que les autos soient de fort belles recréations d’exemplaires autrefois détruits, voire de pures inventions qui ne correspondent à aucun exemplaire ayant existé. Certaines, la majorité, sont un mélange d’un peu tout cela saupoudré sur quelques éléments d’origine. Au final, rares sont les voitures historiques de compétition à ne pas avoir subi de cure de jouvence. Ne nous en offusquons pas : ces pratiques sont tout à fait légales et les voitures grosso-modo conformes. Leurs propriétaires, s’ils sont un peu loin de l’esprit du règlement, en respectent plus ou moins la lettre. Ou en tout cas mordillent à peu près tous la ligne de la même manière.

 

LA FIA JUGE LA CONFORMITÉ TECHNIQUE, PAS L’AUTHENTICITÉ

 

Le sésame qui permet à une voiture de disputer une course historique s’appelle le « passeport technique historique de la FIA », plus couramment appelé « PTH ». Celui-ci est accordé par la Fédération Internationale s’il y a concordance entre les caractères techniques de la voiture qui lui est présentée et la fiche d’homologation décernée au modèle à l’époque où il courrait. Mais le PTH n’est en aucun cas un « certificat d’historicité ». Les ingénieurs et experts techniques qui délivrent ce précieux document ne s’intéressent pas à l’âge de l’auto et à sa provenance. Que les organes aient été fabriqués 50 ans auparavant ou 24 heures plus tôt ne change rien. Seule les intéresse la conformité technique. Ces réserves sont d’ailleurs expressément mentionnées dans les toutes premières lignes du passeport.

Pour le public installé dans les tribunes, aucune différence. Au contraire, oserions-nous ! Car peu de propriétaires, aussi habiles soient-ils derrière un volant, oseraient pousser à la limite des voitures dont la cote se chiffre souvent en millions d’euros. Les quelques mésaventures qui chaque années surviennent à ceux qui veulent à tout prix se battre pour la gagne (accidents graves, incendies,…) convainquent de plus en plus de gentlemen-drivers qu’il vaut mieux détruire une belle copie qu’un irremplaçable original. Le clone, c’est le spectacle assuré.

 

LES CLONES MIEUX QUE LES VRAIES…

 

Dans plusieurs pays d’Europe, des officines de très haut niveau –les meilleures du monde- réalisent tout ou partie de ces « nouvelles voitures anciennes ». En Italie, la Carrozzeria Autosport (Bachelli & Villa), en Grande-Bretagne, Crosthwaite & Gardiner, Steve Hart, GTO Engineering, DK Engineering, aux Pays-Bas, Roelofs Engineering. Leurs réalisations sont parfaites, fiables, plus performantes qu’à « l’époque » en raison des techniques de pointe utilisées pour leur recréation (fonderies, alésages, ajustages,…) -l’évolution des suspensions et des pneumatiques a fait le reste. Casser un moteur ou écraser une carrosserie dans des glissières de sécurité redevient exclusivement un problème d’argent. Aucun monument de l’histoire sportive n’est mis en péril.

Disons-le tout haut, nous sommes favorables à ces pratiques. Faire prendre des risques, dans de vraies courses, à des icônes du sport automobile, n’a aucun sens. Les voir évoluer lors de simples démonstrations est suffisant. Si course il doit y avoir, les clones sont parfaits dans ce rôle. A Goodwood Revival ou au Mans Classic, impossible à qui que ce soit de dire si la Maserati 151, la Birdcage ou la Ferrari 250 GTO, qui passent sont des vraies ou des clones. Sans parler des Bugatti 35, 37 et 51 qui, depuis les années quatre-vingts, naissent chaque année chez Pur Sang Argentina, talentueuse société installée à Paraná, en Argentine, à plus de 11 000 km de la ville alsacienne de Molsheim où elles étaient construites par les hommes d’Ettore Bugatti. Une production argentine en série, châssis, moteurs et carrosserie.

Que le public sache qui utilise la fausse et qui utilise la vraie mériterait cependant d’être précisé sur les listes d’engagements et les programmes des épreuves par un « R » à côté du nom de la voiture. R comme réplique, mot qui n’a rien d’infamant.

Hors des paddocks en revanche, l’authenticité devient une notion essentielle qui ne doit être ni omise, ni dissimulée. En particulier lorsqu’une transaction est réalisée. « Authentique », « d’origine », « reconstruite », « recréée », « restaurée à l’identique », les mots peuvent changer l’acier ou l’aluminium en or.

Il ne s’agit alors plus de podium et de médaille d’or, mais d’argent…

 

POUR EN SAVOIR PLUS…
Lisez « Fausses et usages de fausses »

 

 

 

 

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