Stirling Moss avec Denis Jenkinson penchés sur des plans de Maserati 250F en compagnie de l’ingénieur Valerio Colotti, père de la boîte de vitesses et de la transmission de la monoplace championne du monde en 1957 avec Fangio. Denis Jenkinson, plus célèbre reporter britannique de sport automobile, suivait avec une attention toute particulière la marque au Trident. (copyright archives AgrippA mediA /// archivio Colotti)

Stirling Moss avec Denis Jenkinson penchés sur des plans de Maserati 250F en compagnie de l’ingénieur Valerio Colotti, père de la boîte de vitesses et de la transmission de la monoplace championne du monde en 1957 avec Fangio. Denis Jenkinson, plus célèbre reporter britannique de sport automobile, suivait avec une attention toute particulière la marque au Trident.
(copyright archives AgrippA mediA /// archivio Colotti)


Denis Jenkinson (avec la barbe) aux côtés de Stirling Moss à leur arrivée victorieuse des Mille Miglia 1955 : « Vraie ou fausse voiture : l’essentiel est de le dire. Ce qui, sur les grilles de départ des courses historiques, sur le tapis d’un musée ou dans le garage d’un négociant, n’est pas toujours le cas. L’ampleur de la dissimulation est proportionnelle à l’enjeu, qu’il soit sportif ou financier… ». (copyright archives AgrippA mediA /// archives Mercedes Classic)

Denis Jenkinson (avec la barbe) aux côtés de Stirling Moss à leur arrivée victorieuse des Mille Miglia 1955 : « Vraie ou fausse voiture : l’essentiel est de le dire. Ce qui, sur les grilles de départ des courses historiques, sur le tapis d’un musée ou dans le garage d’un négociant, n’est pas toujours le cas. L’ampleur de la dissimulation est proportionnelle à l’enjeu, qu’il soit sportif ou financier… ».
(copyright archives AgrippA mediA /// archives Mercedes Classic)


VRAIES ET FAUSSES VOITURES DE COLLECTION :
L’ÉCHELLE DE JENKINSON

PILOTE MOTO, COPILOTE DE STIRLING MOSS, JOURNALISTE DE RÉFÉRENCE, DENIS JENKINSON A TENTÉ AU MILIEU DES ANNÉES 80, ALORS QUE QUELQUES SCANDALES ÉCLATAIENT, DE DONNER UNE VALEUR AU MOT « AUTHENTIQUE » ET DE DÉTERMINER QUAND UNE VOITURE MÉRITAIT CE QUALIFICATIF. UNE ANALYSE SÉMANTIQUE ET TECHNIQUE TRÈS PERTINENTE, PARFOIS RADICALE, QUE LE MARCHÉ DEVRAIT ADOPTER POUR S’ASSAINIR AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD.

1ère PARTIE : LA TENTATION DES FAUSSES VOITURES

2ème PARTIE : FAUSSES ET USAGES DE FAUSSES

3ème PARTIE : L’ÉCHELLE DE JENKINSON

Denis Jenkinson fut, pour plusieurs générations de journalistes -dont l’auteur de ses lignes, un discret compagnon de Grand Prix. « Jenks » se promenait à petits pas dans le paddock, lutin caché derrière sa barbe désordonnée et ses lunettes éternellement poussiéreuses. Il parlait peu, écoutait beaucoup, regardait avidement, écrivait intensément.

Lorsqu’il levait la main, pilotes, ingénieurs, mécaniciens, même Bernie Ecclestone le grand manitou de la F1, chacun s’arrêtait pour répondre à la question qu’il n’avait pas encore posée. Jenks était dans les années quatre-vingt dix, le plus ancien, le plus érudit, le plus respecté, de tous les journalistes de Formule 1.

Un soir de Grand Prix en 1995, nous l’avons vu partir avec son sac de toile sans forme. Il n’est jamais revenu. Il s’est éteint l’année suivante, sans famille mais entouré d’amis, dans une maison de retraite.

Denis Jenkinson connaissait non seulement l’automobile –il avait fait des études d’ingénieur- mais aussi les sports mécaniques pour les avoir pratiqués sur deux et quatre roues -toujours aux côtés des plus grands. Faute d’avoir les moyens financiers de diriger lui-même la machine, il devint un « singe » très doué, champion du monde de sidecar aux côté d’Eric Oliver en 1949 ; en voiture, c’est grâce à ses notes de navigateur inspiré que Stirling Moss remporta avec Mercedes l’une des plus fantastiques victoires de sa carrière, les Mille Miglia 1955. Jenks tira de cette aventure un récit, « With Moss in the Mille Miglia », qui fit à l’époque le tour du monde de la presse automobile.

Il écrivait toujours d’une plume acérée, vivante, intransigeante, élégante et aussi impartiale que possible. Souvent anticonformiste, appuyant toujours là où cela faisait mal, il ne ménageait pas plus ses compatriotes britanniques que ceux qui étaient nés hors de son île. Jenks n’avait qu’un combat : tenter de dire non pas la vérité –c’eut été bien prétentieux- mais ce qu’il avait, avec pugnacité, cherché et trouvé de plus approchant.

Cet engagement le conduisait parfois à pousser « un coup de plume » si les bornes avaient été dépassées. C’est ce qui se passa en 1986…

 

LE COUP DE GUEULE DE 1986…

 

En 1986, Jenks se leva un beau matin en décidant –à raison- qu’il fallait remettre de l’ordre dans le foutoir que commençait à devenir l’univers de la voiture de course ancienne. Denis, présent sur les circuits depuis la fin des années trente (il était né le 11 décembre 1920) était excédé par l’apparition de plus en plus fréquente de voitures de plus en plus fausses dans les meetings historiques anglais. Et à l’appui de cette croisade, Jenks ouvrit ses archives. Et des archives, notre ami en possédait d’énormes. Journaliste indépendant au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, puis “reporter de pointe” pour le magazine de référence anglais MotorSport, Jenks était un observateur zélé des grilles de départs, un examinateur attentif des feuilles d’engagement et un intervieweur pugnace. Il vivait sept jours sur sept sur les circuits, au contact des écuries, à la table des pilotes -quand ce n’était pas à côté d’eux pour aller de circuit à circuit dans leur voiture “civile”. Et, surtout, Jenks notait tout, ne jetait rien, classant méthodiquement ses carnets et les images qu’il prenait au fil de ses rencontres, des courses auxquelles il assistait -avec une attention toute particulière pour tout se qui touchait à Maserati, marque sur laquelle il a écrit des ouvrages de référence.

Cet abondant travail lui permettait chaque fin de saison de publier une “revue de saison sportive” (les “Racing Car Review“). Des albums qui restent encore aujourd’hui une littérature essentielle pour connaître et comprendre le sport automobile des années cinquante et soixante.

En 1987, paraissait le fruit de son travail sous le titre  “Directory of Historic Racing Cars – The Survivors-Genuine, Authentic & Facsimile“. Ce petit album, jamais traduit en français, présentait sur 190 pages les principales voitures de course anciennes que l’on pouvait croiser sur les circuits, décrivant leur degré d’authenticité, les modifications, les recréations, les maladresses, les tromperies,…

La volonté de Jenkinson était de réveiller les vrais amateurs, les collectionneurs sincères, le public passionné. Ce pavé jeté dans la marre des marchands sans scrupule, attira sur lui l’inimitié de  ceux qu’il empêchait ainsi de traficoter dans leur coin. Car, au-delà des autos qu’il pointait du doigt pour évoquer leurs défauts, c’est surtout celles dont il ne parlait pas qui étaient, de fait, mises à l’index…

En matière de détermination du degré d’authenticité d’une voiture -en particulier d’une voiture de course, le livre proposait une gradualité, une progressivité, faite de critères précis qui, bientôt trente ans après, sont plus que jamais d’actualité. Les sismologues avaient l’échelle de Richter, les marins l’échelle de Beaufort, aux collectionneurs désormais l’échelle de Jenkinson ! Une échelle de qualificatifs attribués aux voitures en fonction de leurs quartiers authenticité.

Les voici présentés par importance décroissante, tels que Jenks les avait imaginés :

« ORIGINALE

Une voiture est originale si elle est exactement telle qu’au jour de sa sortie de l’atelier. Impossible aujourd’hui de trouver une auto qui mérite ce qualificatif. Il aurait fallu qu’elle soit « mise sous cloche » à l’instant de sa fabrication ! La seule est peut-être la Trossi-Monaco qui n’a pris jamais le départ de la course pour laquelle elle avait été construite, le Grand Prix d’Italie 1935, et qui est entrée au musée le lendemain !

VÉRITABLE

Une auto dont la chaîne des propriétaires est parfaitement suivie, qui n’a jamais cessé d’être maintenue en état de fonctionner, dotée de ses organes d’origine, qui n’a jamais été modifiée et qui, lorsque c’était indispensable, a été réparée dans les règles de l’art avec des composants d’origine, sans que ses caractéristiques techniques ou esthétiques de naissance n’aient été altérées.

AUTHENTIQUE

Après avoir vécu sa vie de compétitrice, subi des modifications, la voiture a été, soit remise dans son état d’origine grâce à ses pièces d’origine qui avaient été préservés, soit remise dans une des configurations qui avait été la sienne à un moment de sa carrière.

RENAISSANCE

Une renaissance est une voiture reconstruite à partie d’éléments originaux et de pièces neuves, après que la voiture initiale a été abandonnée, démantelée, et dont il n’est resté que quelques éléments disparates au moment où un amateur a décidé de lui redonner vie. On l’a donc faite renaître de ses cendres… dont certaines s’étaient déjà envolées !

RECONSTRUCTION

Une voiture née grâce à l’assemblage d’éléments provenant de voitures différentes qui n’avaient jamais été réunies ensemble auparavant, éventuellement complétés par des organes refaits.

INVENTION

Une invention est une voiture qui n’a jamais existé. Un exemplaire en plus de la série produite, entièrement réalisé avec des pièces neuves. On peut aussi la qualifier de fausse, de clone, de copie, de reproduction…

RÉPLIQUE

Mérite le nom de « réplique » une « invention » qui a été réalisée en dehors de la période de production normale de la voiture, mais par la même firme que les voitures d’origine (note de la rédaction : elles peuvent être aussi baptisées « continuations »). Elles peuvent parfois très difficiles é déceler…

DOUBLE

Le mal est né chez les Bugattistes. Certains collectionneurs peu scrupuleux, vendaient à deux amateurs différents les pièces de la même voiture, des lots mêlant éléments moteur, pièces de carrosserie et morceaux de châssis. Les amateurs, de bonne foi, complétaient le puzzle avec des pièces d’origine –il en existait pas mal à une époque. Un beau matin, deux Bugatti de Grand Prix, frappées chacune, çà et là, des mêmes numéros de série, apparaissaient sur un circuit… Seul moyen de sortir de la situation : acheter les deux voitures pour recomposer la voiture d’origine, puis vendre les organes restants sur le marché de la pièce détachée. »

 

Alors, quand adoptons-nous officiellement l’« Echelle de Jenkinson » ? Pour notre part nous y ferons désormais systématiquement référence. Histoire de nous aider tous à faire la différence entre les fausses voitures et les vraies. Un hommage autant une nécessité…

 

 

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