Ces yeux, ces mains, ces moustaches, ont bâti une légende… (copyright archives AgrippA mediA /// Fonds Montén)

Ces yeux, ces mains, ces moustaches, ont bâti une légende…
(copyright archives AgrippA mediA /// Fonds Montén)

Trésor d’Archives :
DEVINEZ QUI JE SUIS ?

CHAQUE SEMAINE, EXTRAITE DE NOS ARCHIVES OU DES MEILLEURES PHOTOTHÈQUES, UNE IMAGE EXCEPTIONNELLE RACONTE LES GRANDES HEURES DE L’AUTOMOBILE.
C'EST "TRÉSOR D'ARCHIVES".

AUJOURD’HUI, PORTRAIT DE FACE D’UN GÉANT DONT ON VOIT RAREMENT LE VISAGE. SAISI AU DÉPART D’UNE COURSE, MÉGOT AU BEC ET MOUSTACHE BROUSSAILLEUSE, DEVINEZ QUI VOUS REGARDE…

Une image, c’est comme “Histoire sans parole” : c’est muet, mais ça raconte toujours beaucoup lorsqu’on prend le temps de la regarder.

Il y a ce qu’elle nous dit à haute voix :
« Je suis pilote, j’ai de grosses moustaches, et je fume d’énormes cigarettes roulées ».

 

Et puis, si nous la regardons plus attentivement, elle nous chuchote :
« Je suis pilote et je me fiche du danger. Le bras que vous distinguez à ma gauche n’est pas celui de ma fiancée, mais de mon mécanicien : en course, sur route comme sur circuit, nous sommes deux dans les voitures. Lors des ravitaillement ou des –nombreuses- crevaisons, seuls nous serions contraint à l’abandon. Et en course, comme nous n’avons pas de rétroviseur, le copilote –qui mérite bien son nom- surveille en permanence ce qui se passe derrière et sur les côtés. S’il me passe la main dans le dos, ce n’est pas une marque d’affection mais parce que le cockpit est si exigu qu’il ne peut le mettre ailleurs. Mon serre-tête en cuir ne me protège pas des chocs : il évite aux insectes de se coller dans mes cheveux. Les insectes, autant que la braise de la cigarette, sont les ennemis du pilote : ils vous volent dans l’œil ou se logent dans la tignasse. Et je ne vous parle pas de l’huile que nos moteurs éructent, ni des échardes levées par les pneus des concurrents qui nous précédent (nos pistes de vitesses sont en parquet). Pas question donc de jouer avec la sécurité : bonnet de cuir et lunette d’aviateur obligatoires ! Ces protections n’excluent pas l’élégance. Je suis pilote, mais j’aime m’habiller même lorsque je cours. Je ne prend jamais le départ autrement qu’en veste, chemise blanche à col amidonnés et cravate ». C’est tout cela que nous raconte cette photo.

 

Enfin, il y a ce qu’elle pourrait nous dire :
« Je suis né le 25 décembre 1878. Aux États-Unis, on vous dit que je suis Américain -c’est vrai, j’ai porté leur nationalité pendant les 41 dernières années de ma vie et je crois qu’ils étaient fiers de moi. Mais je suis né en Suisse de famille française –à droite de la vallée on chantait la Marseillaise, à gauche on honorait Guillaume Tell. Que faut-il comprendre quand on est gosse ?- et j’ai eu une carte d’identité tricolore pendant l’essentiel de ma jeunesse –mon permis de conduire aussi était français et français je suis resté : jamais je n’ai abandonné ma nationalité. Honnêtement, vous trouvez que j’ai une tête d’Américain ? Plutôt des airs de vigneron bourguignon ou de maquignon auvergnat… D’ailleurs tout le monde vous le dira : je parlais anglais avec un accent abominable. Ce n’était pas grave car je parlais peu. Je préférais construire des autos et les conduire. Pour m’excuser d’être un taiseux, je prétextais des douleurs à la mâchoire, conséquence de fractures mal consolidées. C’était faux mais crédible : entre 25 et 40 ans, j’ai passé au total un peu plus de 3 ans sur des lits d’hôpitaux. « Motor racing is dangerous », et je chatouillais le « dangerous » un peu plus que la moyenne des survivants…

La course automobile, je n’ai aimé que cela, entraînant mes deux frères avec moi. Dès que j’ai eu de l’argent, je leur ai offert le billet pour qu’ils me rejoignent aux États-Unis. Des allers simple. Mais quel prix à payer… Mon plus jeune, Gaston, est mort au champ d’honneur de la course automobile. Il était si bon, si rapide, trop sans doute. Il avait remporté les 500 Miles d’Indianapolis en 1920. Mon cadet, Arthur, s’était sorti d’un accident quelques semaines avant par miracle, mais avec de sévères séquelles. Pourquoi le destin m’a-t-il le plus épargné ? Peut-être voulait-il que j’aille au bout de mon projet. J’y suis parvenu. J’ai fondé une grande marque automobile. J’y ai jeté toute mon énergie, toute mon intelligence, avec mes frères, puis sans eux. La course et mon caractère nous ont séparés…

Et puis je suis mort de fatigue, usé, ruiné, devenu simple mécanicien dans mon usine qui ne m’appartenait plus, le 6 juin 1941. Heureusement, mon entreprise m’a survécu.

Je m’appelle Louis Chevrolet. »

 

 

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