Fangio part en tête et roule comme un diable dans les tous premiers tours. Pas pour prendre les commandes du Grand Prix, mais pour provoquer ses adversaires et les pousser à rouler à fond ! (copyright archives AgrippA mediA /// archives Mercedes)

Fangio part en tête et roule comme un diable dans les tous premiers tours. Pas pour prendre les commandes du Grand Prix, mais pour provoquer ses adversaires et les pousser à rouler à fond !
(copyright archives AgrippA mediA /// archives Mercedes)


Alfred Neubauer, patron de l’écurie Mercedes, fait présenter à Fangio le panneau « St2 35 », pour « Startnummer 2 » (numéro de départ 2), « 35 » secondes d’avance sur le suivant. (copyright archives AgrippA mediA /// archives Mercedes)

Alfred Neubauer, patron de l’écurie Mercedes, fait présenter à Fangio le panneau « St2 35 », pour « Startnummer 2 » (numéro de départ 2), « 35 » secondes d’avance sur le suivant.
(copyright archives AgrippA mediA /// archives Mercedes)


La foule exulte à l’arrivée Fangio a géré ce Grand Prix d’Argentine en pilote d’exception et donner une leçon à ses adversaires : parfait stratège, économe sur sa mécanique, rapide et endurant. (copyright archives AgrippA mediA /// archives Mercedes)

La foule exulte à l’arrivée Fangio a géré ce Grand Prix d’Argentine en pilote d’exception et donner une leçon à ses adversaires : parfait stratège, économe sur sa mécanique, rapide et endurant.
(copyright archives AgrippA mediA /// archives Mercedes)


Fangio va remporter dans les mois suivants quatre des sept Grand Prix inscrits au calendrier 1955, ce qui va lui permettre de décrocher la troisième de ses cinq couronnes mondiales. (copyright archives AgrippA mediA /// archives Mercedes)

Fangio va remporter dans les mois suivants quatre des sept Grand Prix inscrits au calendrier 1955, ce qui va lui permettre de décrocher la troisième de ses cinq couronnes mondiales.
(copyright archives AgrippA mediA /// archives Mercedes)


JUAN MANUEL FANGIO,
LE TRIOMPHE DE BUENOS AIRES

SURGIE DE NOS ARCHIVES ET DES MEILLEURES PHOTOTHÈQUES, UNE IMAGE EXCEPTIONNELLE RACONTE LES GRANDES HEURES DE L’AUTOMOBILE. C'EST "TRÉSOR D'ARCHIVES".

PROVENANT DES ARCHIVES MERCEDES, LE SOUVENIR D’UNE DES PLUS BELLES VICTOIRES DE JUAN MANUEL FANGIO. IL Y A SOIXANTE ANS, LE 16 JANVIER 1955, EN OUVERTURE DE LA SAISON DE FORMULE 1, L’ARGENTIN SE SUBLIME POUR REMPORTER « SA » COURSE : LE GRAND PRIX DE BUENOS AIRES.

Juan Manuel Fangio a dominé son époque plus qu’aucun autre pilote ne l’avait fait avant, ni ne l’a fait ensuite. Entré âgé dans la gloire (il a remporte son premier titre mondial en 1951 à quarante ans), sa supériorité est difficilement concevable aujourd’hui. Seuls les récits de ses adversaires de l’époque, en particulier de Stirling Moss qu’il privera de trois titre mondiaux, en donnent la mesure. Fangio était plus rapide, plus endurant, plus constant, meilleur metteur au point que n’importe lequel de ses compagnons de grille, et il est resté vivant –ce qui n’était pas alors le moindre des exploits… « Il avait toujours la meilleure voiture » balaye ses opposants. C’était souvent vrai (il savait les choisir) –mais pas systématique. Et quand ce fut le cas, jamais ses compagnons d’écurie ne parvinrent à le menacer, ni même à égaler ses performances jusqu’à l’année de son cinquième titre en 1957. L’année suivante, en 1958, à 47 ans, l’âge et la perte de l’envie le rendirent enfin vulnérable. Avant, jamais…

Il y a soixante ans, il attaquait chez lui à Buenos Aires, la sixième saison du championnat du monde de Formule créé en 1950. Juan Manuel y arrivait déjà auréolé de deux titres mondiaux acquis en 1951 et 1954. Il avait rejoint son écurie, Mercedes, en cours d’année précédente estimant que Maserati pour laquelle il avait commencé la saison, ne pouvait soutenir la comparaison avec la firme de Stuttgart. Et il allait le démontrer au volant de la W196, magnifique monoplace dont il reste encore aujourd’hui le pilote emblématique (comme il le sera en 1957 de la Maserati 250F).

A soixante ans d’ici, cette saison 1955 de Formule 1 qui a sept courses à son calendrier (y compris les 500 Miles d’Indianapolis) s’ouvre en Amérique du Sud, à Buenos Aires, dimanche 16 janvier. Fangio y a débarqué en début de semaine, en super star, adulé par son peuple. Il est le plus célèbre argentin du monde, avant le chef de l’État le général Perón.

Jeudi, vendredi et samedi, des centaines de milliers de spectateurs se sont massés sur l’autodrome construit aux portes de la capitale pour assister aux essais. Mais leur enthousiasme a été douché : leur héros est seulement troisième derrière un autre Argentin, José Froilán González, installé en pole position sur sa Ferrari, et Alberto Ascari sur Lancia. Quatrième temps des qualifications, Jean Behra sur Maserati complète cette première ligne de la grille (les concurrents sont quatre sur la première ligne, trois sur la deuxième, quatre sur la troisième, et ainsi de suite).

Lorsque le drapeau s’abaisse pour lâcher les concurrents, Fangio s’élance en tête. Pourtant, il ne veut pas rouler à fond pour le moment ; seulement pousser les autres à attaquer, à exploiter leurs mécaniques à la limite -sans s’y contraindre lui-même. Il est en effet persuadé que la canicule qui sévit va faire des dégâts (les commissaire de course ont mesuré 35° à l’ombre, plus de 50° au soleil). Fangio a décidé de lancer le Grand Prix sur une cadence infernale, de provoquer ses adversaires puis de les laisser s’épuiser eux-mêmes avant, en fin de course (il y a 96 tours à couvrir), de porter ses attaques avec une voiture plus fraîche. Et sa stratégie fonctionne.

Les uns après les autres, concurrents du peloton et hommes de tête s’arrêtent, parfois définitivement, pour résoudre des problèmes mécaniques, parce qu’ils sont épuisés (Castellotti, Gonzalez, Farina), ou victimes d’accidents (Behra, Kling, Birger, Menditeguy, Villoresi, Ascari) ! Si bien que Fangio attaque le 26e tour en tête, suivi comme son ombre de Stirling Moss. Au 31e tour, Moss s’arrête à son tour, victime d’un problème d’alimentation d’essence sur sa Mercedes W196. Fangio roule seul en tête Il augmente alors son allure pour creuser l’écart sur ses suivants, Schell et Mieres sur Maserati. Mais trois tours plus tard, il s’arrête aux stand pour faire contrôler son moteur. La pause s’éternise. Trois concurrents passent devant lui avant qu’il ne reparte avec presque un tour de retard sur Schell qui est installé en tête, Mieres et Farina. Pas pour longtemps, à leur tour, il s’effacent et Fangio prend définitivement le commandement du Grand Prix. Après 3 heures et 38 secondes de course, il franchit la ligne d’arrive avec pratiquement un tour d’avance sur le deuxième, Farina.

Alors que les pilotes se sont relayés à deux ou à trois au volant de leurs voitures pour tenir la distance de ce véritable Grand Prix d’endurance, Fangio est resté lui au volant de la sienne sur la totalité de la distance (375 km). Un exploit que seul son compatriote Mieres a égalé –mais en terminant 5e, à cinq tours…

S'assurer avec
Aon Classic Car
Votre devis personnalisé
Assurance, Assistance :
contrats et tarifs sur mesure